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Détection électronique des boites d’essieux chauffantes

R. Moëlibecq.

mercredi 4 avril 2012, par rixke

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Lorsqu’un train de minerai venant de Stockem et se dirigeant vers Namur fut arrêté dernièrement à Jemelle, le conducteur ne fut pas peu étonné de s’entendre dire par le visiteur : « Vous avez une boîte chauffante, côté gauche, au 34e essieu à partir de l’extrémité arrière du train ». A la question de savoir comment il pouvait posséder des renseignements aussi précis, le visiteur répondit : « C’est le détecteur de Forrières qui vient de nous la renseigner ».

Depuis quelques mois, en effet, un détecteur électronique de boîtes d’essieux chauffantes, le premier sur notre réseau, a été mis à l’essai sur la ligne 162, en gare de Forrières. Il est destiné à surveiller au passage tous les trains roulant jusqu’à une vitesse de 100 km.-h.

Le détecteur est composé de deux armoires, placées de part et d’autre de la voie, contenant chacune un élément extrêmement sensible à la chaleur émise uniquement par les couvercles des boîtes. Normalement obturée, la lentille d’observation du détecteur est découverte pendant quelques millièmes de seconde chaque fois qu’une boîte d’essieu se présente exactement en regard. Ainsi, plus vite qu’en un clin d’œil, on mesure la température du couvercle de la boîte, sans même l’effleurer. Le détecteur reste indifférent aux sabots de frein et aux autres organes qui ne sont pas exactement à l’aplomb de l’essieu.

Lorsque, de l’un ou l’autre côté, la température ainsi mesurée est anormale, des indications sont transmises au coffret de signalisation placé au block de Forrières, qui donne le numéro de l’essieu détecté et le côté du train, en même temps qu’une sonnerie retentit ; cette sonnerie est dédoublée à Jemelle.

L’indicateur dans la cabine de signalisation

L’appareil est conçu pour détecter au maximum trois boîtes chauffantes par train.

Si l’on peut ainsi signaler les boîtes qui commencent à chauffer bien avant qu’il y ait danger imminent, ce détecteur automatique est un auxiliaire précieux tant pour la sécurité que pour la régularité du trafic.


Source : Le Rail, mai 1961