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Les travaux d’électrification entre Jemepe et Flémalle-Haute

G. Defourny.

mercredi 17 avril 2013, par rixke

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Poursuivant l’électrification des lignes importantes de son réseau, notre Société exécute actuellement l’électrification de la ligne 125 Liège - Namur. Cette ligne, longue de 60 km, constitue le seul tronçon non électrifié de l’axe Paris - Cologne. Son électrification s’imposait donc.

La ligne 125 supporte un trafic fort important, de sorte que les passages à niveau - très nombreux - sont fréquemment fermés. L’augmentation de trafic escomptée après l’électrification rendra leur utilisation encore plus difficile pour le trafic routier. Aussi a-t-il été décidé d’en supprimer un grand nombre par construction de passages inférieurs ou supérieurs.

De plus, les installations des gares, qui datent de l’exploitation de la ligne par l’ancien « Nord Belge », ne correspondent plus aux impératifs actuels d’exploitation. Elles seront transformées ou simplifiées.

Pour atteindre ces buts, des travaux importants doivent notamment être réalisés sur le territoire des communes de Jemeppe, Flémalle-Grande et Flémalle-Haute : la ligne doit y être entièrement transformée. Ces travaux intéressent également l’extrémité de la ligne 125A, Liège-Guillemins - Flémalle-Haute via Kinkempois et Seraing. La figure 1 montre un plan schématique de cette région.

Figure 1.

Ces travaux permettront la suppression de 12 passages à niveau, l’aménagement de la gare de Flémalle-Haute et la simplification des gares de Jemeppe et Flémalle-Grande. Ils comprennent la construction de 17 ouvrages d’art (ponts, passerelles, couloirs sous voies), de 15 murs de soutènement d’une longueur totale de 2.500 m. et l’établissement d’une nouvelle plate-forme et des voies sur une longueur totale de 6 km. Leur durée sera d’environ 4 ans.

L’importance et la durée de ces travaux ne permettent pas de les faire exécuter par une seule entreprise. Cela aurait nécessité, entre autres choses, la rédaction de plus de 200 plans avant le début de l’exécution. Les travaux ont été répartis en quatre entreprises principales et quelques entreprises accessoires, dont les mises en adjudication ont été réparties sur plusieurs années.

Figure 2.

La suppression des passages à niveau est obtenue en élevant la plate-forme des voies de manière à les faire passer au-dessus des routes qui les traversent actuellement à niveau. A partir du point d’arrêt de Pont de Seraing, les voies nouvelles s’écartent des voies actuelles en montant le long de la colline (voir le profil en long, figure 2). Un déblai de 90.000 m3 a été exécuté à cet endroit (photo 1). Les voies nouvelles rejoignent rapidement la plate-forme d’une ligne désaffectée : la ligne 32, d’Ans à Flémalle. Elles arrivent à la route Jemeppe-Bierset, 6 m plus haut que les voies actuelles, permettant ainsi de supprimer le passage à niveau n" 18 par un passage inférieur A (photo 2).

Tranchée en cours d’exécution entre Pont de Seraing et l’ouvrage A.

Les voies nouvelles se maintiennent à un niveau supérieur aux voies actuelles et toujours en dehors de celles-ci jusqu’à proximité du passage à niveau n° 25.

Le tronçon du point d’arrêt de Pont de Seraing au passage à niveau n° 25 fait l’objet d’une première entreprise qui a débuté en janvier 1967 et est encore en cours. La longueur de ce premier tronçon est de 2,5 km. Ces travaux étant entièrement exécutés en dehors des voies en service n’amènent aucune entrave à l’exploitation. Cependant, ils entraînent des modifications importantes dans plusieurs quartiers des communes de Jemeppe et Flémalle-Grande.

Le tronçon suivant, qui fait l’objet d’une deuxième entreprise, s’étend du passage à niveau n° 25 à l’entrée de la gare de Flémalle-Haute. Sa longueur est de 2 km. Il comprend la construction de six passages inférieurs. Une troisième voie est prévue le long des deux voies principales. Elle est destinée à la circulation des trains desservant les usines raccordées situées entre les passages à niveau n° 19 et 23. Elle rejoint le niveau actuel des voies au passage à niveau n° 23. Les travaux de ce tronçon comportent plus de difficultés que ceux du premier tronçon, car il s’agit ici de réaliser une nouvelle plate-forme des voies, à l’emplacement de la plate-forme actuelle, mais plusieurs mètres plus haut, tout en assurant le passage des trains.

Figure 3.

La figure 3 montre un profil en travers des remblais à exécuter sur ce tronçon en gare de Flémalle-Grande.

On voit qu’il est nécessaire de réaliser d’abord la construction et la mise en service d’une seule voie nouvelle, la voie vers Liège, et que cette réalisation impose la circulation à voie unique sur la voie vers Namur actuelle et même le déplacement préalable de cette voie. Ce déplacement ne peut d’ailleurs être obtenu qu’en empiétant sur la voirie communale voisine. Une situation semblable se retrouve sur plus d’un km de long. Grâce à l’obligeance des communes de Flémalle-Haute et de Flémalle-Grande, nous avons pu « emprunter » une partie de leur voirie communale pour réaliser ces travaux.

Les travaux de ce deuxième tronçon se réalisent donc en trois phases :

  • 1re phase : déplacement de la voie actuelle vers Namur.
    Ce déplacement a fait l’objet d’une entreprise séparée et a été effectué grâce à une circulation à voie unique sur la voie vers Liège ;
  • 2e phase : circulation à voie unique sur la voie vers Namur déplacée ; établissement des remblais, ouvrages d’art et voies pour la mise en service de la nouvelle voie vers Liège (talus indiqué en pointillé sur le profil sn travers) ;
  • 3e phase : circulation à voie unique sur la nouvelle voie vers Liège, établissement des remblais, ouvrages d’art et voies pour la mise en service des deux autres voies.

A la fin de la deuxième phase, la première entreprise sera achevée, de sorte que seront mises en service au même moment les voies suivantes :

  • la double voie de Pont de Seraing au passage à niveau n° 25 ;
  • la voie vers Liège, utilisée comme voie unique, du passage à niveau n° 25 à Flémalle-Haute.

Un troisième tronçon comprend l’aménagement des voies principales de la ligne 125, avec relèvement partiel, en gare de Flémalle-Haute. Ces travaux constituent une première partie de l’aménagement de la gare de Flémalle-Haute. En plus des travaux de voie proprement dits, ils comprennent le déplacement d’une voirie communale et la construction d’un perré de 116 m de long pour élargir la plate-forme des voies, ainsi que la construction d’un passage inférieur (ouvrage P) à la demande du fonds des Routes, pour permettre le passage d’un raccord de Flémalle-Haute à l’autoroute de Wallonie.

Le bâtiment des voyageurs de Jemeppe-sur-Meuse. Ce bâtiment sera désaffecté.

Il va sans dire que ces travaux, à exécuter dans une gare de bifurcation, ne se feront pas sans difficultés : ils sont répartis en plusieurs phases et sous-phases, qu’il serait trop long de développer ici, et imposent des entraves à l’exploitation. Notamment, la voie unique existant sur le deuxième tronçon est prolongée jusqu’aux quais de Flémalle-Haute pour permettre la construction de l’ouvrage P et l’établissement de la nouvelle plate-forme des voies.

L’entreprise correspondant à ce tronçon a été adjugée en février 1968 et les travaux débuteront dans quelques mois.

Passage inférieur (ouvrage A), en cours de construction.

Enfin, le quatrième tronçon comprend les travaux sur la ligne 125A, c’est-à-dire l’achèvement de l’aménagement de la gare de Flémalle-Haute.

Une partie du chantier de la première entreprise. Au premier plan : construction du mur M2. Au centre : une des deux centrales à béton avec ses deux silos à ciment. Cette centrale a fabriqué 4.000 m³ de béton.

Pour supprimer le passage à niveau n° 23 de la ligne 125A, sur la grand-route Liège - Namur, cette ligne sera déplacée et relevée de manière à franchir la route par un passage inférieur, l’ouvrage L.

Une autre partie du chantier construction de l’ouvrage DA. Il s’agit d’un double mur de soutènement ; le remblai à exécuter entre ces murs supportera la nouvelle ligne de chemin de fer.

D’autre part, une courbe de raccord sera construite entre les lignes 125 et 125A, franchissant la grand-route par l’ouvrage K. Ce raccord est justifié par l’important trafic ferroviaire entre la gare de triage de Kinkempois et les raccordements d’usines sur la ligne 125. Dans la situation actuelle, les trains constituant ce trafic doivent évoluer en voies principales au-delà de la bifurcation pour pouvoir rebrousser. Ces manœuvres et cet encombrement des voies principales pourront être supprimés après la mise en service de la courbe de raccord. Ce raccord se prolonge vers Liège par la troisième voie à établir sur le deuxième tronçon et dont il a été question plus haut.

Les travaux du quatrième tronçon sont actuellement à l’étude. Leur achèvement n’est pas nécessaire à l’électrification de la ligne 125.

Lorsque l’ensemble de ces travaux sera terminé, les relations routières et ferroviaires seront grandement améliorées dans cette région.


Source : Le Rail, avril 1968