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La ventilation des ateliers M.A.

J.P. Everaerts.

mercredi 1er mai 2013, par rixke

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L’amélioration constante de la productivité du travail implique des méthodes de fabrication et de réparation efficientes, rapides, économiques. Certaines de ces méthodes font appel à des opérations qui s’accompagnent d’abondants dégagements de poussières, de fumées, voire de vapeurs toxiques issues de réactions chimiques : le « grenaillage » des wagons, la soudure à l’arc, la protection électrochimique des surfaces sont des lames à deux tranchants, contribuant d’un côté au bien-être de la collectivité, mais plaçant de l’autre l’opérateur au sein d’un nouveau danger.

Unité d’aération à haut rendement véhiculant 20.000 m³ d’air par heure avec un niveau de bruit inférieur à 80 dB.

Certes, le travail a toujours présenté des risques et jadis l’atmosphère des ateliers n’était pas toujours des plus agréable : songeons aux feux de forge, à l’allumage des machines à vapeur, aux hommes qui risquaient d’aller mater une entretoise à l’intérieur d’un foyer encore bien chaud...

Heureusement, notre Société, préservant la santé de ses hommes de métier, prend des mesures destinées à éloigner les déchets nocifs dégagés dans l’atmosphère ; à cet effet, elle se fonde sur la législation et sur les recommandations concernant les teneurs limites admissibles en produits toxiques.

Mieux même : la notion de confort du travail tend à prévaloir, notamment dans le domaine de la ventilation, sur celle de la sécurité, l’air étant souvent désagréable à respirer bien avant qu’il ne devienne toxique.

En tout cas, nous sommes loin d’être en retard sur l’industrie en matière de salubrité du travail, malgré des problèmes particuliers que pose notamment l’obligation de réutiliser des locaux non conçus pour leur affectation actuelle : chacun connaît la difficulté de loger les locomotives diesel dans nos anciennes remises « vapeur ».

Encore les problèmes seraient-ils facilités si l’on était libre d’évacuer, avec les fumées des diesel, une quantité d’air assez grande pour expulser toutes les traces de pollution. Hélas ! les déperditions calorifiques seraient alors telles que personne ne pourrait résister aux courants d’air froid apportés par l’air de compensation aspiré à l’intérieur de l’atelier, et préchauffer cet air ne peut être envisagé que pour des débits limités.

Un autre obstacle est le niveau de bruit émis par les ventilateurs électriques (les seuls qui offrent une garantie d’efficacité, quelles que soient les circonstances atmosphériques). Le niveau de bruit dépend de la vitesse périphérique des pales et, accessoirement, de leur géométrie. Plutôt que de petites hélices à grande vitesse, on a intérêt à utiliser des ventilateurs de grand diamètre tournant lentement, sans toutefois exagérer dans ce sens car les frais d’investissement seraient trop élevés. Un bon compromis est atteint par des unités de 800 à 900 mm de diamètre, tournant à 950 t/min et aspirant 20.000 m³ d’air par heure : leur niveau sonore ne dépasse pas 80 décibels environ dans nos ateliers, dont la réverbération acoustique est pourtant relativement élevée.

Cabine de soudure à deux postes de travail jumelés

Ces ventilateurs sont en général placés en toiture, à quelque distance du point de dégagement des polluants, et l’on pourra toujours apercevoir, sur le trajet que doivent suivre les fumées avant de sortir de l’atelier, une zone plus ou moins opaque, accentuée parfois par un rayon de soleil perçant la verrière. Il faut bien que la fumée passe quelque part ; il importe du moins qu’elle ne stagne pas en nappes denses à hauteur d’homme.

En tout état de cause, ceci montre que la ventilation générale n’est jamais une solution parfaite et, lorsque c’est possible, il faut toujours préférer la captation directe des fumées à la source.

C’est ainsi que des spécialistes ont réalisé quantité de systèmes destinés à recueillir les polluants aux points mêmes où ces derniers se développent. Nos ateliers en contiennent un certain nombre, dont les plus répandus sont les capteurs de sciure de bois, les hottes d’aspiration directe des fumées de locomotives diesel (à Monceau et à Kinkempois) et les cabines de soudure (à Gentbrugge ).

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Cette hotte munie d’un flexible peut être « positionnée » exactement sur la cheminée d’une locomotive diesel lors des essais de moteur.

Les cabines de soudure réalisent un compromis entre la ventilation générale et la captation à la source : cette dernière technique est difficile à appliquer ici car on ne peut pas demander au soudeur, déjà préoccupé par son masque et, son électrode, de déplacer constamment un capteur mobile et de faire suivre rigoureusement par celui-ci le trajet du point de soudure. En effet, le moindre écart entre la baguette et le capteur conduirait à un échec : les fumées s’échapperaient dans l’atelier sans que peut-être le soudeur s’en aperçoive : il est donc préférable d’accepter en permanence un échappement de quelques pour cent des fumées, quitte à libérer le soudeur de toute tâche fastidieuse supplémentaire.

La cabine de soudure est équipée d’un bon éclairage et peut être garnie d’une panoplie d’outils. Elle est orientée de façon à s’intégrer harmonieusement dans l’ensemble de manutentions et d’opérations que constitue l’atelier. Elle est peinte en une couleur qui absorbe autant que possible les rayons U.V.

Et voilà ! Bien entendu, la ventilation fait appel à différentes techniques : évacuation des fumées, chauffage, placement des ventilateurs, raccordement électrique demandent entre plusieurs départements une coopération qui ne rencontre jamais d’obstacles.


Source : Le Rail, janvier 1969