Accueil > Le Rail > A l’étranger > 10 ans de coopération entre les chemins de fer belges et marocains

10 ans de coopération entre les chemins de fer belges et marocains

J.-J. Dubuisson.

mercredi 5 avril 2017, par rixke

Toutes les versions de cet article : [français] [Nederlands]

Quoique les deux pays appartiennent à des continents séparés et aient une histoire différente, la Belgique et le Maroc ont bien plus de choses en commun qu’un regard superficiel le laisse supposer.

Ils se rangent dans la catégorie des « petits pays » qui, loin de vouloir bouleverser l’ordre mondial, œuvrent opiniâtrement au mieux-être de leur population.

Tous deux occupent une position géographique stratégique qui constitue un indéniable atout au niveau des échanges commerciaux.

Sans remettre en aucune façon en cause les spécificités linguistiques et culturelles, de part et d’autre, les deux nations se réclament de la francophonie, ce qui, sur le plan de l’usage des langues et de la sensibilité intellectuelle tend, sinon à les rapprocher, du moins à faciliter grandement les contacts.

Si d’aucuns se complaisent aujourd’hui à mettre en évidence les faits divers, certes toujours regrettables, d’une minorité de Marocains établis en Belgique, il faut aussi rendre hommage à l’immense majorité des Maghrébins qui ne cessent d’apporter le témoignage de leur volonté de s’émanciper d’une condition économique difficile contribuant ainsi à l’essor de leur terre d’accueil et de leur patrie d’origine. Sur un plan strictement ferroviaire, maints éléments contribuent à tisser des liens particuliers entre les deux réseaux.

Bien sûr, il y a la similitude des conditions d’exploitation et, pour le personnel, la conviction d’appartenir à une confrérie qui ignore les frontières.

Mais au-delà de ces caractéristiques communes à tous les réseaux, les opportunités de rapprochement sont nombreuses entre la SNCB et l’ONCF. Le kilométrage des réseaux, les contraintes liées à la densité de la population et à la nature des marchandises transportées, font en sorte que finalement les méthodes et les solutions choisies pour résoudre des problèmes semblables sont sans doute plus voisines que celles qui prévalent sur les vastes infrastructures de la SNCF ou de la DB. Par ailleurs, l’écartement des voies est identique (ce qui n’est pas fréquent en Afrique) et l’alimentation de la traction électrique est la même (3 000 volts - courant continu).

Pays de tradition dans le domaine de la construction de matériel roulant, la Belgique a un besoin vital d’étendre son marché vers d’autres horizons pour maintenir ses produits à un niveau compétitif.

Le Maroc, quant à lui, dans sa volonté de se doter d’un équipement performant, a tout intérêt à bénéficier d’une technologie avancée qui a fait ses preuves tout en ayant l’assurance de pouvoir recourir à un service après vente fiable.

Qu’il s’agisse d’un apport de technologie, ou plus simplement de se faire part d’expériences communes, voilà maintenant 10 ans que la SNCB et l’ONCF ont débuté leur rapprochement.

JPEG - 100.9 ko
Locomotive électrique produite par la SCIF

Si le point de départ réside dans des opérations commerciales, insensiblement, mais de plus en plus nettement, les deux réseaux ont ressenti le besoin de dépasser l’aspect purement mercantile et d’établir finalement de véritables relations de partenariat tous azimuts.

En 10 ans, les choses ont évolué de manière telle que l’ONCF est devenu un partenaire privilégié de sa consœur belge en matière de coopération.

Des structures ont été mises en place qui fonctionnent, notamment, sous l’impulsion que leur donne une « Commission mixte de coopération » composée des deux directeurs généraux et de leurs collaborateurs les plus concernés. Cet organe se réunit périodiquement, en alternance au Maroc et en Belgique. Pour étudier les besoins de l’ONCF, en assurer le suivi, organiser les missions et fixer l’ordre du jour de la Commission mixte, le coordinateur SNCB rencontre deux fois par an, à Rabat, son homologue marocain ainsi que le directeur général et les directeurs de l’ONCF.


Source : Le Rail, avril 1992