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Abris pour voyageurs

G. Hendrickx.

mercredi 1er mai 2013, par rixke

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  Sommaire  

Dans des articles précédents [1], en décrivant l’évolution des « bâtiments des voyageurs », nous avons montré que le style d’époque cède graduellement le pas à une esthétique fonctionnelle et aux conceptions architecturales les plus récentes.

Aujourd’hui, nous allons voir comment d’autres branches de la construction relevant de la division « bâtiments » ont également suivi cette évolution : il s’agit des « loges-abris » et des « abris parapluies » protégeant les voyageurs contre les intempéries.

 Loges-abris.

Ce sont des loges isolées, installées à un ou plusieurs exemplaires le long des quais.

Les anciens abris en maçonnerie, à vitrages ornés (photo 2), furent en général construits en même temps que le bâtiment de la gare et datent donc de l’époque de la création de la ligne. Plusieurs d’entre eux subsistent encore.

Photo 2 : Un des abris érigés en même temps que le bâtiment de la gare. Les ornements du vitrage sont une sérieuse entrave au lavage des vitres.

Naguère (avant 1938), un grand nombre de points d’arrêt non gardés et même de gares restaient privés d’abri. Quelques tentatives isolées avaient été faites par les services locaux pour combler cette lacune, et encore chaque abri avait-il son propre style, quand ce n’était pas une « caisse de wagon ».

En 1938, la S.N.C.B. décida la création d’un type d’abri uniforme et fixa son choix sur une construction à montage facile et de prix de revient raisonnable. Il s’agissait du type bien connu que représente la photo 3, composé d’éléments démontables en béton et appelé « abri économique ». Dès 1939, la pose d’une première tranche de cent de ces abris, répartis sur tout le réseau, fut réalisée. D’autres ont suivi dans les années ultérieures.

Photo 3 : L’abri dit « économique », construit en éléments de béton. La longueur variait de 5,25 m (30 voyageurs) à 19,25 m (plus de 100 voyageurs) sur une largeur de 1,50 m.

Construits en matériaux rudimentaires, ces abris ont souffert des déprédations d’un public négligent. Surtout les vitres ont eu à pâtir, à tel point que, dans les points d’arrêt où ces abris avaient été trop malmenés, les carreaux furent remplacés par des panneaux pleins incassables, ce qui n’améliora guère leur aspect.

Par suite de circonstances diverses, de l’évolution du marché des matériaux et de la recherche continuelle du meilleur, ces types d’abri sont tombés en disgrâce. Le regretterons-nous ? Non sans doute, mais n’oublions pas que, bien que d’aspect très industriel, ils ont préservé nombre de voyageurs des averses.

Par quoi les remplaça-t-on ?

Depuis cinq ans environ, un abri-type pour lignes d’autobus, adopté par le ministère des Communications, a aussi été introduit à la S.N.C.B. (photo 1) pour être installé sur les quais des gares.

Photo 1 : Le type d’abri le plus récent, érigé d’une seule pièce. Deux types : pour 12/15 voyageurs et pour 20/25 voyageurs.

C’est une construction préfabriquée se composant :

  • d’une semelle de fondation en béton ;
  • d’une ossature légère en acier métallisé au zinc, garnie d’un soubassement de lattes en matière plastique et de verre de sécurité serti dans un cadre de profilés en caoutchouc (comme les vitres des voitures automobiles) ;
  • d’une couverture en plaques ondulées de polyester translucide.

Chaque abri est amené en son entier - complètement monté - et mis en place au moyen d’une grue (photo 4).

Photo 4 : Pose d’un abri ou moyen d’une grue.

Au point de vue esthétique, ces constructions légères devaient satisfaire a une condition fondamentale : nuire le moins possible à l’aspect du paysage ou du milieu. Par leur sobriété, l’emploi abondant de vitres et leurs dimensions réduites, ce but a été atteint. Ces abris n’exigent qu’un minimum d’entretien, le lavage des vitres reste évidemment requis.

 Abris-parapluies.

Photo 5 : Abri à charpente en bois, avec coupe-vent. A été remplacé depuis quelques années par un abri-parapluie.

La protection des voyageurs est quelque peu différente sur les quais intermédiaires flanqués de deux voies. Dans ce cas, principalement dans les gares importantes, on construit des abris de longueur en rapport avec le nombre de voyageurs à abriter ; ils sont éventuellement complétés de coupe-vent (écrans vitrés) et de bancs fixes. Dans les gares disposant d’un passage souterrain pour voyageurs, ces abris forment en outre la couverture des escaliers d’accès.

Photo 6 : Couverture d’escalier de couloir sous voie. Ossature en bois et toit incliné recouvert d’ardoises.

Divers types ont été érigés un peu partout sur le réseau, entre autres des constructions :

  • à charpente en bois ;
  • avec colonnes en fonte ;
  • avec des portiques en forme de T, constitués de profilés en acier assemblés par rivets ou soudés.
Photo 7 : Le premier ancêtre des abris-parapluies. Colonnes jumelées en fonte, coupe-vent métallique vitré, toit plat.

Ce dernier type à portiques en forme de T est appelé « abri-parapluie ».

Photo 8 : Ancien type d’abri-parapluie. Portiques en forme de T à rivets visibles, hauts longerons en treillis. Chevrons et voliges en bois visibles. Couverture en zinc.

Les photos 5 à 9 donnent des vues des types de construction surannée. Les photos 10 à 12 présentent les types les « plus jeunes » de la série.

Photo 9 : Type amélioré d’abri-parapluie avec portiques en T, combinaison de parties soudées et de parties boulonnées. Pannes légères. Toit visible en plaques ondulées d’asbeste-ciment.

Si le lecteur veut se donner la peine de comparer les anciens types avec le « dernier cri » des abris-parapluies, il reconnaîtra que, dans ce secteur du service des bâtiments, la conception architecturale a suivi le goût du temps par une esthétique fonctionnelle.

Photo 10 : Abri-parapluie de nouvelle forme. Portiques en épaisses tôles d’acier pliées en forme de caisson dans lequel est incorporé le poteau de caténaire. Plafond en lattes de bois verni. Coupe-vent vitré avec bancs fixes et panneaux publicitaires. Remarquez la disparition complète des tuyaux de décharge des eaux pluviales ainsi que des canalisations électriques.

Ces types récents d’abris-parapluies nécessitent peu d’entretien et certains matériaux utilisés n’en exigent même plus du tout. En outre, les points d’appui qui entravent la circulation sont réduits au minimum.

Photo 11 : Abri-parapluie très élégant. Les tirants entourant la tête des poteaux permettent d’augmenter la distance entre les portiques et d’agrandir la portée du porte-à-faux sans devoir alourdir les longerons.

Dans les nouveaux abris-parapluies, les tuyaux de décharge des eaux pluviales et les canalisations électriques sont dissimulés ; les appareils d’éclairage et les haut-parleurs sont encastrés dans le plafond.

Photo 12 : Abri-parapluie à portiques en V renversé en tôles épaisses formant caisson. Les tirants ont la même fonction que dans l’abri de la photo 11.

Enfin, le problème des panneaux publicitaires - panneaux qui, du point de vue architectural, ne sont pas toujours fort prisés - a été élégamment résolu : ils sont incorporés dans les écrans vitrés.


Source : Le Rail, janvier 1969


[1Voir « Le Rail » n° 76, 85 et 106