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Rien qu’une performance

lundi 3 juin 2013, par rixke

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Déjà lors du premier parcours d’essai sur la ligne Bruxelles-Arlon, notre conviction était faite : démarrer ou accélérer en rampe avec une automotrice électrique ne constitue qu’un jeu, et c’est dans les descentes seulement qu’on se rend compte du profil de la ligne ... parce qu’il faut freiner pour ne pas dépasser les vitesses autorisées !

Une image publicitaire du temps des premiers pneus déclarait : « Le pneu X boit l’obstacle » ; de même, on pourrait dire maintenant que l’automotrice électrique « boit » les rampes !

De là à vérifier quel serait l’horaire minimum possible, dans des conditions idéales, pour un trajet Arlon-Bruxelles, il n’y avait qu’un pas. Un train spécial fournit la plus magnifique occasion de faire une démonstration mémorable. Laissons parler le diagramme relevé sur le chronotachymètre enregistreur de l’automotrice 228.130, ce bel engin en acier inoxydable.

A moins de 3 km. d’Arlon, le train roule déjà à 120 km/h.

Un léger ralentissement à 30 km. d’Arlon marque la rampe vers Hamipré ; plus loin, les sinuosités de la voie dans la belle région de Mirwart (descente de Libramont sur Jemelle) imposent un ralentissement à 90 km/h., pendant une dizaine de kilomètres.

Jemelle est atteint après 41 minutes environ. Un arrêt d’une minute et quelques secondes, puis on aborde la montée vers Marloie. A 110 km/h. !

Une courte pente permet de rouler de nouveau à 120 ; la forte rampe vers Haversin ralentit à peine la marche, et Namur est atteint après 1 h. 14’ de parcours.

Une minute plus tard, le train démarre et aborde la côte de Rhisnes ; dès qu’il a franchi la zone dans laquelle la vitesse est limitée à 80 km/h., le convoi recouvre le 120 et maintient cette vitesse jusqu’à Bruxelles Q.L., sans qu’il faille se soucier des rampes de Lonzée et de Profondsart.

Une heure quarante-trois minutes et trente secondes après le départ d’Arlon, l’automotrice glisse silencieusement le long des quais de Bruxelles Q.L.

Rien qu’une performance.

Rien qu’une nouvelle preuve de la vitalité du rail !


Source : Le Rail, février 1957