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Chemin de fer et numismatique

Georges Pottier.

mercredi 16 juillet 2014, par rixke

A l’occasion du 150e anniversaire des chemins de fer belges paraissait dans le numéro 11/85 de la revue Le Rail un article intitulé « Chemin de fer et numismatique ».

Etant donné l’intérêt suscité par cet article, il nous a paru opportun de soumettre aux lecteurs quelques informations relatives aux médailles frappées à l’occasion des grandes étapes franchies par le chemin de fer belge pendant ses cent cinquante ans d’existence.

Aujourd’hui, nous vous proposons la médaille qui relate l’inauguration du chemin de fer du Luxembourg le 27 octobre 1858.

 Chemin de fer du Luxembourg

Médaille par L. Wiener - Bronze Ø 59 mm.

DROIT :

Sur le tour : A M. Victor Tesch, le Luxembourg reconnaissant. Sa tête à gauche ; au bas : Léopold Wiener.

REVERS :

Sur le tour : Inauguration du chemin de fer du Luxembourg. Dans le champ, en haut : 27 oct. 1858 ; en-dessous : une locomotive tournée à droite portant l’inscription : Le Luxembourg, Au bas, l’écusson aux armes de la province entre deux cornes d’abondance.

 Electrification de la ligne

Médaille par Rau - Bronze 0 60 mm.

DROIT :

Un athlète coiffé d’un casque ailé et portant des ailes aux pieds, qui repose avec le genou droit sur des rails et qui lance un faisceau de foudres. Cette allégorie est complétée par le monogramme « B » et par la date d’inscription : 20. IX.1956.

REVERS :

Une locomotive électrique et les écussons des villes de Bruxelles et de Luxembourg ; elle porte comme inscription : Electrification Bruxelles - Luxembourg Brussel - Luxemburg Electrificatie

La ligne du Luxembourg à toujours été une des artères maîtresses du réseau. Dans son ouvrage « Histoire des Chemins de fer belges », monsieur Lamalle, directeur général honoraire de la SNCB écrivait notamment ceci à propos de cette ligne :

« Sa construction fut concédée le 18 juin 1846 à la société anglaise Clossmann et Consorts qui, avec des capitaux anglais, formèrent le 11 septembre 1846 la société anonyme dite « Grande compagnie du Luxembourg ». A l’origine, le « Great Luxemburg » dut ses succès de souscription à l’idée, accréditée en Angleterre, qu’il était nécessairement le chemin de Londres vers les Indes via Trieste ; aussi les capitaux affluèrent-ils au début.

Cependant, les travaux qui devaient être exécutés dans une contrée abrupte avançaient lentement. En 1848, à défaut de capitaux disponibles, les travaux ralentirent puis cessèrent. La Compagnie chercha à résilier ses engagements et, comme le gouvernement belge n’entrait pas dans ses vues, elle lui intenta un procès que l’Etat perdit le 28 juillet 1849. L’Etat se pourvut en appel et, par arrêt du 31 juillet 1850, la Cour d’Appel réforma le jugement et maintint pour la Compagnie l’obligation résultant du contrat de concession. Toutefois, le gouvernement belge, désireux de doter le Luxembourg d’une ligne de chemin de fer, vint en aide à la Compagnie en lui garantissant un minimum d’intérêt de 4% sur la section de Namur à Arlon et sur les deux embranchements Bastogne et Ourthe. Enfin, le délai d’achèvement fixé en 1851 fut reporté à 1856.

Malgré cette aide, la situation financière ne s’améliora pas. Des irrégularités de gestion se produisirent qui amenèrent l’intervention du Parquet. L’ancien directeur de la Compagnie, l’ancien président du Conseil d’administration et autre membre du Conseil furent condamnés à des amendes et à la prison. Un nouveau Conseil fut nommé le 10 mars 1855. Des hommes énergiques, dont Victor Tesch, reprirent l’affaire en mains. Ils obtinrent que le délai d’exécution du tronçon Namur - Arlon fut prorogé jusqu’au 1er avril 1859. Les travaux furent repris et menés progressivement à bon port. Finalement, la ligne de Bruxelles à Arlon put être livrée à l’exploitation le 27 octobre 1858 par la Grande compagnie du Luxembourg.

Le rachat de la ligne fut ensuite réalisé par la Convention du 31 janvier 1873 par laquelle l’Etat belge reprenait tous les droits de la Grande compagnie du Luxembourg avec effet rétroactif au 1er janvier 1873.

Le rachat fut motivé par le grand intérêt que présentait pour l’industrie sidérurgique belge le bon marché et la régularité du transport des minerais qu’elle recevait du grand-duché de Luxembourg.

Le rachat avait, en effet, pour conséquence la substitution des tarifs plus favorables des chemins de fer de l’Etat à ceux de la Grande compagnie. Mais, le Gouvernement devait mettre la ligne à double voie, améliorer les stations et affecter au service un nombre de locomotives suffisant et le matériel de transport nécessaire pour faire face à toutes les nécessités du trafic.


Source : Le Rail, avril 1987