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Les premiers tunnels

Phil Dambly.

mercredi 10 septembre 2014, par rixke

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On peut affirmer que les tunnels sont nés pour les chemins de fer. En effet, ceux qui avaient été percés pour des routes étaient très courts et de largeur réduite, sans comparaison avec ceux qui furent creusés par les ingénieurs du rail.

C’est en 1826 et 1829 que les premiers tunnels importants ont été exécutés en France, par Marc Seguin et ses frères, pour la ligne de Saint-Etienne à Lyon. Leur percement fut particulièrement difficile en raison de la nature du terrain. Les « galeries » de Terrenoire, de Rive-de-Gier et de Lyon, hautes de 5 m et d’une largeur de 3 m, étaient de forme ovoïde, pour mieux résister à la poussée des terres. Celle de Terrenoire avait 1.500 m de long.

Galerie du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, 1826.

A l’origine, les percements se faisaient par une série de puits creusés à quelques mètres de l’axe du tunnel projeté. On commençait le travail à la pioche jusqu’à l’axe, puis on attaquait le terrain dans les deux directions opposées. La boussole guidait les ouvriers, éclairés par des lanternes. L’extraction des déblais se faisait par les puits et par les ouvertures du souterrain, quand on atteignait les extrémités.

Vers 1860, les principaux tunnels étaient ceux de la Nerthe, entre Marseille et Avignon (4.600 m), de Blaisy, sur la ligne Paris - Lyon (4.100 m), du Credo, sur Lyon - Genève (3.900 m), de Rilly, sur la ligne de Reims (3.600 m), des Apennins, entre Turin et Gênes (3.100 m), de Hommarting, sur Paris - Strasbourg (2.778 m), de Hauenstein, sur le chemin de fer central suisse (2.500 m).

En Angleterre, les tunnels étaient rares à cette époque. Le plus ancien est celui de Liverpool, en 1831, long de 1.800 m, éclairé au gaz.

Tunnel de Liverpool.

L’opinion publique, excitée par certains, resta longtemps opposée aux tunnels par crainte d’explosion des locomotives sous la voûte, des écarts de température, et aussi par superstition.

Le percement du mont Cenis, entreprise colossale pour son temps, fut proposé en 1849 par un Belge, l’ingénieur Maus.


Source : Le Rail, juillet 1964