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Unique au monde : Un transport de 700 tonnes de fonte en fusion sur 110 km.

mercredi 10 septembre 2014, par rixke

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On sait que, depuis un an déjà, la société métallurgique « Espérance -Longdoz » alimente sa nouvelle aciérie de Chertal avec de la fonte liquide produite par les hauts fourneaux de Seraing (voir Le Rail n° 82). Le transport de cette fonte se fait par chemin de fer dans des wagons mélangeurs, appelés aussi « wagons poches » ou « wagons thermos », à raison de huit convois par jour, comprenant deux wagons charges de 150 tonnes chacun.

Sécurité, puissance, régularité et permanence, telles sont les conditions indispensables à la réussite d’une telle entreprise, et le rail, après avoir été jugé seul capable de les réunir, les assure chaque jour de l’année, d’un bout à l’autre d’une agglomération de 500,000 habitants.

Le dimanche 26 juillet, une expérience spectaculaire a montré que l’on pouvait mieux faire encore : 100 tonnes de fonte en fusion ont été amenées à Chertal, après avoir été chargées à 110 km de là, dans les installations de la société métallurgique « Hainaut-Sambre », à Couillet [1].

Dès que le wagon mélangeur fut arrivé à destination, on prit immédiatement la température de la fonte ; il fallait que celle-ci, qui accusait 1250° au départ, ne fût pas descendue à moins de 1.140°. Elle était de 1.215° ! L’expérience était donc pleinement réussie.

Ce transport de fonte sur un trajet de 110 kilomètres, réalisé grâce à la collaboration d’ « Espérance-Longdoz », de la société « Hainaut-Sambre » et de la S.N.C.B. [2], constitue un fait sans précédent d’une grande importance économique. Il démontre qu’il est possible d’échanger de la fonte liquide entre usines éloignées de 200 km et même davantage, puisqu’un temps de séjour de 10 à 12 heures dans une poche de « wagon-thermos » est techniquement acceptable.

Jusqu’ici, on avait toujours considéré nécessaire d’intégrer les hauts fourneaux, les aciéries et les trains de laminoirs en un seul ensemble, équilibré et doté des engins de réserve nécessaires. Si des échanges de fonte liquide sont possibles entre usines situées à grande distance, on peut concevoir que telle usine momentanément excédentaire en fonte envoie ses surplus à telle autre en déficit, chacune travaillant à un degré d’activité meilleur. On peut aussi concevoir que les hauts fourneaux en réserve dans les cas de réfection ou de réparation soient communs à plusieurs usines ou que celles-ci effectuent les réfections par roulement, la fonte manquante étant échangée tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre [3]. On peut encore penser à des concentrations locales et régionales de production de fonte.


Source : Le Rail, septembre 1964


[1La charge de fonte avait été limitée a 100 t, en raison des travaux de rectification de la Sambre, qui affectent certains ponts entre Charleroi et Namur.

[2A signaler notamment l’excellent travail préparatoire mené par les groupes de Liège et de Charleroi.

[3Pendant la réfection du haut fourneau principal de Seraing, Chertal a déjà été alimenté en fonte par les hauts fourneaux de Cockerill-Ougrée, maintenus en activité à cet effet pendant la période des congés payés.