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L’éclairage des voitures

Phil Dambly.

mercredi 17 décembre 2014, par rixke

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De la lampe à l’huile à l’éclairage au gaz.

1850-1860 - Lanterne individuelle à bougie (Great Western Rly).

Pendant longtemps, l’éclairage des voitures à voyageurs fut assuré par des lampes à huile de colza ou à pétrole, fixées au plafond. Ces lampes suffisaient si peu que, vers 1850, dans les gares, on vendait à bas prix, aux voyageurs qui désiraient lire, des lanternes individuelles à bougie.

Les anciennes lampes à bec plat ne donnaient qu’une lumière fumeuse et vacillante, et l’huile, en suintant parfois, tachait les vêtements des voyageurs. En France, le réseau du Nord adopta des lampes à bec rond, surmontées d’un verre cylindrique et munies d’un réflecteur de tôle nickelée répartissant la lumière dans tout le compartiment.

Les voitures de luxe et d’apparat avaient des lampes d’applique à l’intérieur et des lanternes d’honneur aux angles extérieurs.

1865 — Installation d’éclairage au gaz : on remarque le réservoir sous le châssis et la conduite d’alimentation des lampes.

En 1860, l’éclairage au gaz comprimé, essayé en Angleterre en 1857, était habituel aux U.S.A. A partir de 1863, il se développa en Allemagne, en Belgique, en Italie et en France. Dans le système Pintsch, qui fut le plus usité, chaque voiture était pourvue d’un réservoir de gaz de houille ou de gaz d’huile minérale (gaz riche). Ce gaz y était introduit à la pression de 20 kg. par cm carré et s’y détendait de 15 à 7 kg. Pendant la marche, un régulateur compensait la chute de pression provenant de la consommation. Un certain nombre de gares comportaient une installation de compression. Des canalisations partant de celle-ci parcouraient les quais et présentaient des robinets spéciaux. Sur ces derniers, on plaçait des tuyaux de caoutchouc raccordés à l’autre bout au réservoir des voitures. Un agent, appelé « allumeur de wagons » ou « gazier », parcourait tout le train sur les toitures et allumait les lampes par le haut, à l’aide d’une torche.

Type de « bec » à gaz.

En 1895, la Cie du P.L.M. essaya le gaz acétylène pur, comprimé à 10 kg. Cet emploi présentant des dangers, on se contenta par la suite de mélanger l’acétylène au gaz de houille. Ce mélange était utilisé à la pression de 7 kg. L’Etat belge fit également usage de l’acétylène.

Plus tard, en France, on mit au point l’éclairage au gaz par incandescence, système Auer, qui rivalisa un certain temps avec l’éclairage électrique.


Source : Le Rail, octobre 1965