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Hommes du rail (II)

Marthe Englebert.

mercredi 28 janvier 2015, par rixke

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— Le dimanche, vous travaillez aussi ?

— Quelquefois, cela dépend du service. Nous sommes généralement moins secoués ce jour-là, car il passe moins de trains ; alors, nous allons au garage et nous faisons l’entretien des voitures.

Outre le contrôle exercé par les visiteurs, dans toutes les gares importantes, les voitures subissent périodiquement un entretien complet, une toilette méticuleuse qui les requinque pour de nouveaux kilomètres à travers champs, bois et villes.

— Au garage, nous effectuons cette fois un essai complet de tout le fonctionnement, nous voyons comment se comportent les freins, le système de fermeture automatique des portes, l’appareillage électrique, etc.

— Vous devez en savoir, des choses, pour vérifier tout cela !

Il hausse les épaules, perplexe ; je suppose qu’il ne s’en était jamais rendu compte. Il n’en tirera aucune vanité d’ailleurs puisqu’il tient à préciser :

— J’effectue les petites réparations seulement, mais quand il s’agit de plus importantes ou de la revision d’un wagon, on l’envoie à l’atelier, où les techniciens qualifiés s’en occupent.

— N’êtes-vous pas technicien ?

— Nous sommes surtout d’anciens chauffeurs, car ce métier-là disparaît de plus en plus depuis que la motrice diesel remplace l’ancienne locomotive à vapeur. Certains hommes venus de l’école professionnelle deviennent visiteurs, après trois mois d’écolage au chemin de fer. Nous sommes tous en quelque sorte spécialisés pour les réparations qui peuvent se faire tout de suite.

La gare de Bruxelles-Midi, la plus importante du pays pour le passage des trains, compte 25 visiteurs et trois chefs visiteurs. Un peu mécanicien, un peu ajusteur, un peu menuisier et très habile touche-à-tout, le visiteur est cet auxiliaire précieux qui fait apprécier par des millions de voyageurs le confort du train et son entière sécurité.


Source : Le Rail, mars 1963