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Avant qu’on ne l’oublie

mercredi 18 février 2015, par rixke

Le bulletin d’information de la Direction C note, dans son numéro d’avril, que, si nos industries et l’économie du pays ont si peu souffert de l’hiver le plus dur du siècle, c’est en grande partie au chemin de fer — et aux cheminots — qu’on le doit.

Les cheminots ont fait face à pas mal de difficultés : déplacements massifs de courants de trafic provoqués, d’une part par la paralysie des carrières et de la construction et, d’autre part, par les appels « frénétiques » d’industriels et de commerçants auxquels d’autres modes de transport faisaient défaut ; immobilisation de milliers de wagons dont le contenu était gelé ; épreuves auxquelles étaient soumis notre matériel et nos installations... Ils l’ont fait avec un tel dévouement et une telle organisation qu’ils ont accompli des performances remarquables : ils ont accepté au transport de 12.000 à 13.000 wagons chargés par jour ; ils ont réalisé au port d’Anvers des moyennes de 300.000 tonnes par semaine contre. 175.000 tonnes en période normale ; ils ont fourni de 400 à 500 wagons en plus par jour aux charbonnages de la Campine et ils ont acheminé, pendant les deux premiers mois de 1963, 1.231.000 tonnes de combustibles importés contre 843.000 tonnes pendant les mois correspondants de 1962.

Les installations de Sourbrodt, les plus importantes de la ligne de l’Eifel, sont, du fait de leur altitude, fort exposées aux intempéries. Un jour de l’hiver dernier, le thermomètre descendit en dessous de – 29°. Voici un souvenir de cette période : le chasse-neige de la remise de Herbesthal au travail.
Photo R. Sarlette.

Notons aussi que le rail a transporté environ 5 % en plus de voyageurs, que 64 % des trains sont arrivés à l’heure et que la plupart des autres n’ont eu que des retards minimes.

Ajoutons que, si l’on se réjouit de l’excellente prestation fournie par le rail, il faut se rappeler que l’assainissement de ses finances oblige la S.N.C.B. à adapter ses moyens au trafic qu’elle doit normalement assurer. Elle ne conservera pas toujours des réserves de wagons et de locomotives uniquement destinées à un rôle de dépannage. Puisse cette situation retenir l’attention des autorités et ouvrir les yeux des usagers sur les inconvénients d’un recours trop exclusif à des moyens de transport entièrement tributaires des circonstances atmosphériques !

Efforts des constructeurs

Après avoir conquis une réputation mondiale en fabriquant des locomotives à vapeur, la Belgique, comme d’autres pays européens d’ailleurs, a dû lutter, après la deuxième guerre, pour reprendre sa place sur le marché de la traction ferroviaire. A présent, nos constructeurs exportent leurs produits dans de nombreux pays. Ils ont consenti de gros efforts pour adapter du matériel aux besoins des états neufs (voie étroite, faible charge par essieu, gabarit réduit, voie à forte déclivité, climat tropical, altitude élevée, etc.). Les études et mises au point ont eu pour résultat que des moteurs diesel de conception et de réalisation belges prennent pied sur le marché mondial.


Source : Le Rail, mai 1963