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Notre société en 1987

mercredi 8 juillet 2015, par rixke

En 1987, la croissance économique dans l’ensemble des pays industrialisés s’est poursuivie au même rythme que l’année précédente. Elle s’est toutefois légèrement ralentie dans la CEE. En Belgique, l’augmentation du produit intérieur brut à prix constants s’est située aux environs de 1,7 % et l’augmentation moyenne de l’indice des prix à la consommation a été de 1,6 %. Le recul du chômage s’est poursuivi et a porté sur environ 12 000 unités. Suite à certaines mesures, le besoin net de financement des Pouvoirs publics est passé de 11 % du PNB en 1986 à environ 9,3 % en 1987.

 Structures de la société

Les réformes de structure de la Société décidées par le Conseil en janvier ont été mises en œuvre au cours de l’année 1987. Ces réformes visaient l’Administration centrale désormais constituée, outre ses services généraux, de 5 départements et les directions régionales réparties en 5 districts. Les services généraux qui regroupent les attributions ayant l’ensemble du réseau pour champ d’application, sont subdivisés en cellules.

 Trafic

En 1987, le trafic total (voyageurs et marchandises) a atteint 13 536,4 millions d’unités de trafic (voyageurs - kilomètres et tonnes-kilomètres), soit + 0,3 % par rapport à 1986.

Cette évolution est toutefois différente suivant la nature du trafic car le trafic voyageurs a progressé de 3,3 % alors que le trafic des wagons complets a régressé de 2,1%.

 Voyageurs

Par rapport à l’exercice 1986, le trafic, exprimé en voyageurs-kilomètres, a augmenté de 201 millions d’unités. L’augmentation du trafic avec billets en service intérieur s’est produite essentiellement en trafic à prix réduit, le trafic avec billets à prix plein ayant régressé. Cette régression a toutefois été compensée par l’augmentation du nombre de voyageurs à prix réduits.

En octobre, l’action promotionnelle (organisée sur 2 journées) en faveur des transports publics (TTB) a été mise sur pied pour la cinquième fois et a remporté un grand succès. L’augmentation du trafic international s’est manifestée tant pour les billets à prix plein que pour ceux à prix réduit. Toutefois, l’accroissement du trafic à prix réduit est nettement supérieur à celui à prix plein. D’autre part, la vente des billets de 2e cl. a progressé alors qu’en première classe, on notait un léger recul. Le trafic des voyageurs titulaires d’un abonnement a augmenté de plus de 2%.

 Marchandises

En 1987, la croissance économique s’est poursuivie au même rythme que l’année précédente pour l’ensemble des pays industrialisés. Elle s’est manifestée différemment selon les pays. En Belgique, la croissance a été inférieure à celle constatée en moyenne dans la CEE. Les dépenses intérieures ont évolué moins favorablement que dans les autres pays mais les exportations ont progressé plus rapidement que dans la plupart des autres Etats membres. Les divers secteurs d’activité concernant le transport de marchandises ont évolué en sens divers. Le montage d’automobiles a atteint en 1987 un record historique et la sidérurgie un remarquable regain d’activité depuis le mois de septembre. La production du charbon de Campine a nettement reculé suite aux restructurations du secteur, ce qui a entraîné un accroissement des importations.

L’industrie chimique a accru sa valeur ajoutée, mais la demande d’engrais chimiques a été faible. Les raffineries de pétrole n’ont plus connu cette année la croissance exceptionnelle de 1986.

Le transport de marchandises par chemins de fer (en T/km) a diminué mais le nombre de tonnes transportées est en légère augmentation, ce qui implique une diminution de la distance moyenne parcourue. La nette augmentation du transport de produits agricoles est imputable, principalement, au trafic de céréales en provenance et à destination de la France, en transit vers les Pays-Bas et en service intérieur. Après une diminution constatée au cours du premier semestre, le transport de fruits et légumes s’est stabilisé pendant la 2e période de l’année. L’augmentation des exportations de bois vers l’Allemagne, la France et l’Italie a nettement compensé la régression du trafic intérieur. La reprise du trafic de produits alimentaires et d’aliments pour bétail, enregistrée au cours des deux derniers trimestres, provient essentiellement du développement du transport de sucre allemand vers les ports belges et l’importation de graines oléagineuses en provenance de France.

La régression du trafic des combustibles constatée depuis 1985, s’est prolongée jusqu’à la moitié de l’année dernière. La diminution du trafic intérieur a été compensée par un accroissement des importations de charbon allemand ainsi que des importations maritimes. Les exportations à destination de la France et du grand-duché de Luxembourg se sont redressées au cours de la deuxième période de l’année, alors que le transit à travers notre pays, continuait à chuter. Le transport de coke s’est situé au même niveau qu’en 1986.

En ce qui concerne les produits pétroliers, on constate une nette diminution du trafic de produits légers d’Anvers vers la Suisse et la France et des exportations de produits lourds vers la France et le grand-duché de Luxembourg ; le trafic intérieur a suivi la même tendance. Le transport de minerais, exprimé en tonnes transportées a augmenté, alors que le nombre de tonnes-kilomètres correspondant diminuait.

Alors que le trafic intérieur entre les installations de la sidérurgie wallonne ainsi que l’exportation maritime et le trafic en transit entre Anvers et l’Allemagne se sont accrus, les exportations vers les Pays-Bas et le grand-duché de Luxembourg de même que les transports provenant de France et du grand-duché de Luxembourg vers les ports belges ont régressé. Le transport de tubes d’acier belges et français à destination d’Anvers accuse une forte chute. A partir du 2e trimestre, le transit de métaux non ferreux entre les Pays-Bas et la France s’est considérablement développé, tandis que le transport de fonte en fusion s’est maintenu au niveau élevé de 1986. Le recul du trafic de matériaux de construction et des produits de carrière a été quasi général. Seul, le transport de sable a conservé le niveau atteint en 1986. Le transport de produits chimiques, d’engrais, de plastiques et de carbonate de sodium a également régressé. En ce qui concerne les gaz, les transports intérieurs de même que les importations des Pays-Bas ont évolué favorablement. Dans le groupe des produits divers, le trafic des conteneurs a connu une forte progression, spécialement pour les transports entre Zeebrugge et Anvers, les exportations maritimes et les trafics à destination ou en provenance de l’Italie. L’exportation d’autos et de pièces détachées vers l’Allemagne, l’Italie et la France, de même que l’exportation maritime et le transit entre l’Allemagne et les ports belges, ont fortement progressé. Le trafic combiné « rail-route » s’est également développé par voie terrestre entre la Belgique et l’Italie, dans les 2 sens et par voie maritime ; cependant, on a noté une diminution du trafic entre la Belgique et l’Espagne.

En 1987, le trafic des envois de détail (exprimé en T), transporté a diminué de 3,3 % alors que le nombre d’expéditions enregistrait un léger recul de 1 %. La régression est plus importante dans le trafic international qu’en trafic intérieur.

En 1987, le trafic intérieur comportait 91,2 % des expéditions totales ; la part du trafic international était de 8,8 %.

 Moyens techniques

Infrastructure

Au 31 décembre 1987, les lignes totalisaient une longueur de 3 568 km, dont 2 829 km utilisés pour le trafic des voyageurs et des marchandises. La longueur des lignes électrifiées était de 2 200 km soit 44 km de plus qu’en 1986.

Fin 1987, 2 070 km étaient équipés du système de bloc automatique, contre 2 043 km fin 1986. Les lignes aménagées pour des vitesses égales ou supérieures à 120 km atteignent 1 922 km.

En 1987, la traction électrique a été mise en service sur la ligne Courtrai - Ypres - Poperinge. Des travaux liés à l’électrification étaient encore en cours sur un certain nombre de lignes déjà parcourues par des trains électriques, notamment, la construction et la modernisation de gares et bâtiments de service, de postes de signalisation et de sous-station de traction, la suppression de passages à niveau, la construction d’ouvrages d’art etc...

53 passages à niveau ont été supprimés dont 43 passages non gardés, 2 passages gardés et 8 passages privés. Les passages inférieurs situés à Charleroi, La Rochette, Liège, Trooz et Zottegem ont été terminés. A Anvers-Schijnpoort, les travaux concernant la pose de voies vers Anvers-Dam, la construction de murs de soutènement et de nouvelles voiries et la modernisation d’un passage inférieur se poursuivent. La Société a construit, pour le compte de tiers, un passage supérieur a Vaux-sous-Chèvremont et renouvelé la superstructure d’un passage inférieur à Namèche. D’autres travaux sont en cours à Bruges, Malines-Nekkerspoel, Nevele-Landegem, Nimy, St-Hubert et Zottegem. Dans le port d’Anvers, la 4e phase des travaux d’extension des installations ferroviaires, côté nord de la darse Delwaide, est terminée ; la liaison directe avec la gare de formation d’Anvers est en service. Le nouveau bâtiment de service, côté sud de la darse Delwaide est achevé et les bâtiments des postes de sectionnement, à la bifurcation Schijn, et de la nouvelle sous-station de traction de Walenhoek sont achevés. Au port de Gand, les travaux de repose des voies, nécessités par la rénovation des darses se poursuivent tandis que la lre phase de l’achèvement de l’équipement ferroviaire de la darse sud de Zeebrugge est prévu pour 1988. D’importants travaux ont également débuté dans le but de renforcer la sécurité du trafic et d’améliorer les services de signalisation. Au cours de l’exercice, le nombre total de postes de signalisation a été réduit de 21 unités (sur un total de 531 postes). De nouveaux postes ont toutefois été mis en service à Gand St-Pierre (côté côte) et à Halle. La commande à distance et l’annonce automatique des trains ont été mises en service sur la ligne Louvain - Hasselt et toutes les opérations sont centralisées à Aerschot. [1]


Source : Le Rail, novembre 1988


[1Un article sur la nouvelle cabine de signalisation d’Aerschot est d’ailleurs publié dans ce numéro.