Accueil > Le Rail > Société > Le Benelux par train

Le Benelux par train

H. Bael.

mercredi 21 septembre 2016, par rixke

Banal ! Mais en une journée, l’équipée mérite d’être racontée, voire de figurer dans un livre des records. Mais ne soyons pas si gourmand !

L’origine de ce projet un peu fou : un défi, bien sûr ! Relevé d’abord par un collègue, cheminot également, qui se limita au tour de la Belgique.

A moi, le Benelux, donc.

Je me décide pour le samedi 13 octobre que l’on annonce comme une belle journée. Pour une fois, je me fie aux prévisions météorologiques et j’ai raison.

Le départ est fixé à Tournai à 7 h 01 : quelques voyageurs attendent le train, malgré l’heure matinale. Le guichetier Georges me souhaite bon voyage.

A Mouscron, j’emprunte le train de 7 h 19 à destination d’Anvers Central où une correspondance pour Roosendaal est assurée. Arrivé à cette 3e étape, je profite de quelques minutes de relâche pour me dégourdir un tantinet les guiboles.

Ensuite, me voilà en route vers Breda, Eindhoven, Sittard et enfin Maastricht où j’arrive à 11 h 41.

Cette région s’avère très belle à traverser et j’en viens à penser à la poétique chanson de J. Brel « Le plat pays », bien que le temps ne s’y prête pas Tout à fait. Qu’importe, tout est question d’atmosphère.

La correspondance pour liège Guillemins est à 12 h 24 : j’ai le temps de casser une petite croûte, vite fait, bien fait ! Jusqu’à présent, je n’ai qu’à me féliciter de la ponctualité des trains et du confort des voitures.

Deux points d’acquis.

A liège Guillemins, un train pour Luxembourg part à 13 h 08. Je suis presque à mi-chemin.

Mais quelle surprise : j’aperçois mon épouse sur le quai n° 6 au départ du 992 pour Luxembourg.

Elle m’accompagnera pour le reste du voyage.

C’est l’étape la plus longue : 2 h 55 de trajet.

Les belles vallées de la Moselle contrastent avec le plat pays de tantôt. Assurément, ce périple ne manque pas de charme ! C’est aussi une autre façon de faire connaissance avec son pays.

Nous débarquons à Luxembourg à 16 h 03. Un arrêt est le bienvenu : nos jambes fourmillent et notre estomac réclame une petite collation.

Une demi-heure suffit à nous requinquer.

Heureusement. Un départ pour Namur est annoncé à 16 h 31.

Correspondance à ne pas rater si nous voulons boucler notre tour et prendre le dernier train à destination de Tournai !

A Charleroi Sud, une autre surprise m’attend : un collègue de bureau, Jean-Pierre, a la gentillesse de m’encourager avec une bonne consommation que nous dégustons ensemble, comme il se doit. Sitôt bue, je m’endors, mon rêve réalisé. Un petit calcul rapide m’apprend qu’au total, j’aurai emprunté 11 trains, parcouru 13 lignes différentes, totalisant ainsi 880 km de trajet, bouclé en 12 h 55 dont 2 h 03 d’attente de correspondances.

Au niveau des performances : la moyenne horaire s’établit à 68 km et la vitesse moyenne horaire à 80 km.

Oui dit mieux ?


Source : Le Rail, septembre 1991