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Chemins de traverses

samedi 4 août 2018, par rixke

Gilbert Perrin, que d’aucuns connaissent pour ses activités à la RTBF de Charleroi, est aussi et surtout un mordu du rail, un passionné du chemin de fer.

Cette passion naquit en même temps que sa prise de conscience que le chemin de fer était autre chose qu’un simple moyen de transport : qu’il était aussi, sinon avant tout un formidable lien de vie, un inestimable pôle d’échanges et de communication entre les populations. Et que toute trace laissée par lui devait être préservée, comme une blessure laisse une cicatrice. Ainsi, il s’émut un jour du sort des lignes désaffectées : en 1950, notre réseau ferroviaire comptait 5 000 km de lignes ; en 1990, il n’en disposait plus que de 3 466. Que sont devenus ces quelque 1500 km de lignes supprimées ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Gilbert Perrin.

Il en a parcouru un millier et dressé un inventaire. Il nous propose, dans son livre, de découvrir les lignes qui ont été aménagées ou qui sont praticables pour la randonnée (pédestre, à cheval ou cycliste).

Ces lignes désaffectées, ainsi que certaines vicinales, les chemins de halage, les pistes cyclables, les sentiers de grande randonnée, les chemins de remembrement et d’exploitation des autoroutes pourraient s’inscrire dans un vaste réseau de « voies à trafic lent (VTL) », transfrontalier qui serait emprunté en toute sécurité par les écoliers, les promeneurs, les agriculteurs, les facteurs... Les lignes de la SNCB en formeraient l’ossature.

Une volonté politique existe, malheureusement souvent mise à mal par les lenteurs administratives et la régionalisation : en effet, le secteur du tourisme dépend des Communautés, alors que les travaux publics, d’abord nationaux, sont maintenant régionalisés.

Ce projet aurait aussi l’immense mérite de sauvegarder un inestimable patrimoine naturel : saviez-vous que certaines plantes exotiques furent importées dans nos régions à la faveur de convois ferroviaires ?

« Préserver les lignes désaffectées, c’est en quelque sorte les placer sur un livret d’épargne pour en disposer un jour, si les circonstances l’exigent. »

Ce livre complet se scinde en deux parties : la première, intitulée « Un patrimoine à préserver », dresse un bilan global, décrit quatre paysages typiques induits par l’exploitation ferroviaire et se termine par un lexique ferroviaire-français agrémenté de superbes aquarelles d’Olivier Geerinck ; la deuxième, « Des chemins à parcourir », répertorie par régions les lignes désaffectées mais praticables pour le randonneur.

Edité conjointement par la RTBF Charleroi, RTBF Editions et la Fondation Roi Baudoin Gilbert Perrin


Source : Le Rail, août 1993