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Au revoir, Paul Delvaux

mercredi 11 septembre 2019, par rixke

Le 20 juillet, Paul Delvaux s’est éteint en ses terres d’élection de Saint-ldesbald à l’âge de 96 ans.

Il était depuis un demi-siècle le plus grand peintre vivant...

Le grand artiste se reconnaît à ceci qu’il crée un univers de toutes pièces. Dans le monde de Delvaux, d’admirables filles nues croisent des apothicaires en chapeau melon (sans les voir), se prélassent sur des banquettes de gares ou de tramways avec des grâces d’un autre âge et d’un naturel d’avant le péché.

Sa technique infaillible, il l’avait, selon ses intimes dispositions, mise au service de la poésie (c’était son mot) et du rêve. Il y a dans tous les tableaux de Paul Delvaux un coin d’enfance qui est sauvegardé et que le quotidien ne peut entamer.

Ce poète, ce peintre hors du commun était passionné par les chemins de fer, les trains, les gares. Cette passion a fécondé son art.

Il regardait le monde ferroviaire avec les yeux étonnés de ses nymphettes dévêtues, ces yeux qu’un je ne sais quoi met à l’abri du mal et de la vulgarité.

Il était aussi un ami de notre revue. En 1975, il avait accordé un entretien à un de nos rédacteurs, qui put se rendre compte que la renommée d’amabilité de l’artiste n’était pas usurpée.

Le numéro de septembre ’75 lui fut dédié.

Il y a mieux : pressenti par nos soins, en 1972, Paul Delvaux avait accepté de rédiger un texte en guise de préface au salon des arts plastiques cheminots.

Un ami des chemins de fer vient de nous quitter.

Le Rail lui rend un hommage ému !


Source : Le Rail, Septembre 1994