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A Bruxelles-Midi, un poste de commande centralisée dirige à distance 4 sous-stations et 13 postes de sectionnement

mercredi 23 juin 2010, par rixke

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Vous savez que les centrales industrielles de notre pays produisent l’énergie électrique, sous des tensions diverses, EN COURANT ALTERNATIF. Or, nos locomotives et nos automotrices électriques sont construites pour être alimentées EN COURANT CONTINU, à la tension nominale de 3.000 volts. Il faut donc transformer le courant « industriel » alternatif en courant continu « de traction ». Cette transformation se fait dans des sous-stations, et le courant transformé est ensuite distribué, par les lignes caténaires, aux véhicules électriques.

L’étoile des lignes caténaires qui entourent Bruxelles comprend plusieurs sous-stations. Quatre d’entre elles, Bruxelles-Midi et Bruxelles-Nord (sur le groupe de Bruxelles), Louvain et Landen (sur le groupe d’Anvers) alimentent une zone de trafic intense, qui comprend d’importants tronçons des lignes 36, 124, 50, 161, 139, 25, 26, 27 et 28, ainsi que l’ensemble des gares de Schaerbeek, Bruxelles-Nord, Bruxelles-Midi et la jonction Nord-Midi.

Cette zone électrifiée, qui écoule la plus grande partie de notre trafic ferroviaire, dépend, pour ce qui concerne l’alimentation en courant, du poste de commande centralisée de Bruxelles-Midi, desservi par le répartiteur E.S. du groupe de Bruxelles. Oui, une seule installation dirige à distance quatre sous-stations et treize postes de sectionnement [1], dont celui de Waremme se trouve à plus de 75 kilomètres du poste de commande.

Le répartiteur, un contremaître, a les attributions suivantes :

  1. Assurer l’alimentation des lignes caténaires, en l’adaptant aux besoins d’énergie du trafic ;
  2. Mettre hors tension les caténaires pour entretien ou réparation ;
  3. Surveiller le bon état des caténaires et, lors d’avaries ou d’incidents, isoler immédiatement le tronçon défectueux et prendre les mesures requises pour hâter les réparations.

La transmission des commandes et des contrôles se réalise par un appareillage fort complexe, qui répond à des exigences sévères de fonctionnement et de sécurité.

C’est cette réalisation remarquable de l’automatisation ferroviaire que nous vous présentons en photos, avec des commentaires de M. D. Varendonck, ingénieur du secteur « caténaires et sous-stations » au service E.S., groupe de Bruxelles.

La coupe horizontale du local est une demi-ellipse, et sa paroi courbe est formée par le tableau de commande et de signalisation. Les bureaux sont placés entre les foyers de l’ellipse, dont le grand axe a 26 m. et la moitié du petit axe presque 10 m.

Ses dimensions imposantes ont été conditionnées par l’ampleur du programme de commande et de contrôle à réaliser, ainsi que par l’étendue du réseau caténaire à représenter. Ce local est incontestablement une réussite esthétique, tant par sa conception architecturale hardie que par la présentation, la couleur dominante du tableau (vert olive) et son éclairage indirect.

Sur la partie supérieure du tableau figure le plan schématique des installations caténaires appartenant à la zone d’action du répartiteur.

Cette partie est conçue de telle sorte que le répartiteur ait constamment devant lui une représentation, claire et conforme, de la réalité. Cela lui permet, lors d’avaries de prendre immédiatement toutes les mesures requises, et souvent sans consulter de document ou sans quitter sa table.

A noter que cette partie du tableau a été adaptée aux besoins de l’exploitation par le secteur « caténaires et sous-stations » du groupe, qui a mis au point, lui-même, la technique de signalisation rendant possible la lecture à distance du schéma.

Partie supérieure - Plan schématique des installations caténaires.
Partie inférieure - Manettes de commande et lampes de contrôle.

La partie inférieure du tableau comprend, par sous-station et par poste de sectionnement, les manettes nécessaires à la commande des disjoncteurs d’arrivée haute tension (câbles d’alimentation), des groupes redresseurs et des disjoncteurs de feeder 3 KV, ainsi que les lampes qu’il faut pour pouvoir contrôler les manœuvres effectuées. Tous ces éléments se succèdent logiquement sur le plan schématique de chaque installation.


Source : Le Rail n° 30, février 1959


[1En général, à mi-distance entre des sous-stations voisines, se trouve un poste de sectionnement, dont le rôle est de mettre en parallèle, par l’intermédiaire de disjoncteurs, les quatre sections de caténaires qui y aboutissent.