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Numérotation et classification

Phil Dambly.

mercredi 21 juillet 2010, par rixke

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C’est seulement à partir de 1876 que les locomotives de l’Etat ont été classées par types, ainsi que la plupart des machines provenant des compagnies rachetées. Cette classification relative, due à l’initiative de Belpaire, était établie comme suit : 1 à 18, types express et à voyageurs ; 20 à 39, types à marchandises et types mixtes ; 40 à 49, types divers à tender séparé ; 50 à 59, locomotives de manœuvres.

En 1924, les locomotives « Armistice », désignées jusqu’alors sous l’appellation allemande, furent aussi classées selon la pratique belge : 60 à 69, types express et à voyageurs ; 70 à 89, types mixtes et types à marchandises ; 90 à 99, locomotives-tenders.

Quelques locomotives disparates avaient été classées « hors type » et désignées simplement par leur numéro de série.

Jusqu’en 1930, les locomotives étaient numérotées au fur et à mesure des livraisons, indépendamment du type. C’est ainsi qu’il y eut des types 2 numérotés de 151 à 153, de 818 à 829 et de 1046 à 1062, que les types 36 étaient numérotés de 4365 à 4300 et les types 10 de 4501 à 4558. D’autre part, certaines machines portaient le numéro de locomotives réformées. Un type 51, notamment, se vit attribuer le n° 6 porté jadis par la locomotive « Le Belge ».

A partir de 1931, la S.N.C.B. appliqua une numérotation plus rationnelle. Par exemple, la machine portant le nouveau n° 3628 était le vingt-huitième exemplaire du type 36. En ôtant les deux derniers chiffres, on obtenait le type de la locomotive. Ce système présentait cependant une difficulté : quand l’effectif d’un type de machine dépassait la centaine, il fallait modifier le numéro. De ce fait, le type 81, qui totalisait plus de cinq cents exemplaires, était numéroté de 81 à 86. C’est la raison pour laquelle, à partir du 1er janvier 1946, on simplifia la numérotation en ajoutant un chiffre et en séparant par un point le type et le numéro de série. La machine 3628 devenait donc 36.028.

En 1926, quelques mois avant la création de la S.N.C.B., l’Etat avait fait désigner séparément les différentes versions de machines groupées auparavant sous le même type. Les trois versions du type 15 devenaient les types 14, 15 et 16, tandis que celles du type 18 devenaient les types 18, 19 et 20. C’est alors également que le type 8 bis devint le type 7 et que le type 32 à surchauffe devint le type 31.

En 1931, d’autres types ont été renumérotés par la S.N.C.B. Il s’agissait du type 22 (devenu 57), du type 32 à vapeur saturée (44), du type 31, ex-32 à surchauffe (41), du type 37 (31), du type 23 (33) et du type 52 (58).

Au fil des ans, la désignation d’anciens types déclassés fut attribuée à de nouvelles machines. Entre autres : le type 1 de 1935 à ne pas confondre avec le type 1 de 1864, le type 29 de 1946 avec le type 29 de 1875, etc.

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Locomotive Etat belge portant son n° de série (chiffres en laiton) et le « littéral » C (Type 33 transformé en type 28).

Jusqu’en 1931, les locomotives de l’Etat ont porté, sur l’abri, une lettre indiquant leur catégorie. D’après ce code, dit « littéral », on établissait la charge-limite pouvant être remorquée par un type de machine déterminé. Cette charge était appliquée en tenant compte du nombre d’essieux du convoi. Par exemple, quand une charge était répartie sur 24 essieux pour un type 28 (littéral C), elle devait l’être sur 33 essieux pour un type 25 (littéral F).

Au Nord Belge, l’appellation des locomotives était suivie d’un certain nombre d’ « unités ». Celles-ci indiquaient aussi la charge-limite à attribuer aux machines. Etant donné qu’un wagon de 15 t valait six unités, on obtenait la charge maximale de 450 t, prévue pour le type « Nord 180 unités », avec trente wagons semblables.

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Nouvelle numérotation de 1946.

Pour classer les locomotives à vapeur, on utilise un symbole établi d’après les différentes combinaisons d’essieux accouplés et porteurs. On distingue quatre systèmes. Le système français compte par essieux, à partir de l’avant de la machine. Le système anglo-saxon ou système Whyte, appliqué en Belgique, compte les roues et donne par conséquent des chiffres doubles du précédent. Le système suisse, ancien système allemand appliqué autrefois aux chemins de fer de l’Etat Bavarois, se compose de deux chiffres : le premier figure les essieux accouplés et le second le total des essieux. Dans le nouveau système allemand, les essieux accouplés, donc moteurs, sont figurés par des lettres et les essieux porteurs par des chiffres ; ce système est quasi universellement adopté de nos jours pour classer les locomotives électriques et diesel, d’où les BB, CC, 2D2, etc.


Source : Le Rail n° 120, août 1966