Rixke Rail’s Archives

Accueil > Le Rail > Matériel roulant > Locomotives > Nos inoubliables vapeurs > Sixième période - Les compagnies reprises de 1897 à 1912 (suite)

Sixième période - Les compagnies reprises de 1897 à 1912 (suite)

Phil Dambly.

mercredi 1er septembre 2010, par rixke

Toutes les versions de cet article : [français] [Nederlands]

Quand l’Etat reprit le chemin de fer de Liège à Maestricht en 1899, cette petite compagnie possédait en tout onze locomotives dépourvues du frein continu.

1
Locomotive n° 1 du Liège-Maestricht, transformée en 1890.

Les locomotives n° 1 à 7 appartenaient au type « Mammouth » du Nord Belge. Ces machines mixtes, à trois essieux accouplés, avaient des roues de 1,44 m. Elles avaient été livrées par Saint-Léonard en 1861 (n° 1 à 4), en 1867 (n° 5 et 6) et en 1884 (n° 7). En 1890, la machine n° 1 subit une transformation complète qui en fit une locomotive entièrement neuve. L’Etat affecta ces machines au dépôt de Visé, excepté la locomotive n° 2, qui ne figurait plus à l’effectif. Les locomotives n° 3 à 7 reçurent respectivement les n° 728, 744, 745, 796 et 777. Cette dernière fut tendérisée par la suite. On ignore le numéro attribué par l’Etat à la locomotive n° 1.

5
Locomotive n° 5, type « Mammouth », de la série 1 à 7.

La locomotive n° 8 était la plus puissante de la compagnie. Construite par Saint-Léonard en 1892, elle appartenait au type 28 de l’Etat, qui l’utilisa sous le n° 718. Elle ne différait du type 28 que par le surhaussement du tablier vers l’arrière en vue de l’accouplement éventuel avec un tender du type « Mammouth ». Cependant, elle fut toujours accompagnée d’un tender du type Etat ayant lui-même un châssis surhaussé.

8
La locomotive n° 8, la plus puissante du Liège-Maestricht.

En 1883, la Compagnie de Liège à Maestricht avait inauguré, la première en Belgique, un service de trains très légers, dits « trains-tramways », entre Liège-Longdoz et Visé. Ces trains étaient remorqués par de minuscules locomotives-tender très élégantes et remarquablement étudiées, livrées par Saint-Léonard en 1883 et en 1884.

Locomotive-tender de la série 11 à 13, pour « trains-tramways ».

Numérotées de 11 à 13, ces machines à trois essieux accouplés avaient des roues de 0,90 m. Elles étaient à cylindres et mécanisme extérieurs et pesaient 17,80 t en charge. L’Etat les revendit à la Sucrerie de Statte.

C’est en 1899 encore que l’Etat reprit l’exploitation de la ligne à voie étroite d’Anvers à Gand par le pays de Waes. Il acquit à cette occasion les locomotives-tender n° 30 et 31, qui furent renumérotées 915 et 920. Ces 2-4-0 à roues de 1,50 m pesaient 34,50 t en charge. Elles avaient été étudiées de façon à pouvoir être aisément adaptées à l’ecartement normal. En effet, la Compagnie du chemin de fer d’Anvers à Gand envisageait l’adoption de la voie normale, mais les travaux ne furent exécutés qu’au moment de la reprise par l’Etat, en une nuit. Après changement de l’attelage et des tampons et application du frein Westinghouse, les deux locomotives ont été attachées au dépôt de Liège-Guillemins pour le service des trains-tramways sur les lignes de l’Ourthe et de la Vesdre.

N° 30 et 31 à l’état original (Saint-Léonard 1892).

Elles ont été démolies peu avant la première guerre mondiale.

Les mêmes, adaptées à la voie normale (n° 915 et 920).
Comparez la hauteur de l’axe des tampons et les roues à l’extérieur du châssis.

Les neuf premières locomotives destinées au chemin de fer d’Anvers à Gand avaient été fournies de 1842 à 1844 par l’ancien atelier Postula, situé près de la place du Jeu de Balle à Bruxelles, et mieux connu sous l’appellation d’ « Atelier du Renard » à cause de la proximité de la rue du même nom. Ces locomotives-tender légères à roues libres de 1,50 m avaient été étudiées par De Ridder. Elles étaient munies d’une soute à eau en selle et pesaient 17,55 t en charge. Le système de distribution s’effectuait au moyen de deux tiroirs permettant la marche avec détente ou à pleine pression. Les cylindres étaient disposés à l’extérieur, de part et d’autre du foyer vertical. Quelques exemplaires de ces curieuses machines étaient encore en service en 1899.

2
Locomotive n° 2 « Pays de Waes ».
Hauteur à la cheminée : 3,950 m.

Les locomotives n° 1 à 9 portaient respectivement les noms suivants : « La Flandre », « Pays de Waes », « Richaet », « P. Verheyen », « Anvers », « Gand », « Saint-Nicolas », « Lokeren », « Beveren ». On peut admirer la n° 2 « Pays de Waes » au Musée des chemins de fer installé à la gare du Nord à Bruxelles.

2
Locomotive n° 2 « Pays de Waes ».
Détail de la distribution.

En 1880, la Compagnie d’Anvers à Gand avait mis en service les locomotives n° 10 et 11, des 2-4-0 T à roues accouplées de 1,50 m. Trois locomotives identiques, portant les n° 12 à 14, furent acquises par la suite, respectivement en 1883, en 1884 et en 1885.

Locomotives n° 10 à 14 du chemin de fer d’Anvers à Gand.

Un nouveau type de machine fut mis en service en 1885, à raison de cinq exemplaires portant les n° 20 à 24. Ces 2-2-2 T à roues motrices de 1,50 m pesaient 22,75 t en charge. Elles étaient munies d’un frein à patin agissant sur le rail.

A l’exception des machines n° 1 à 9, toutes les locomotives du chemin de fer d’Anvers à Gand avaient été construites par la Société Saint-Léonard.

L’atelier de réparation des locomotives du chemin de fer d’Anvers à Gand était établi à Saint-Nicolas.


Source : Le Rail n° 127, mars 1967