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Le transport des produits pétroliers

C. Taes.

mercredi 3 novembre 2010, par rixke

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Il y a moins de charbons à transporter ; l’industrie utilise de plus en plus des hydrocarbures (essence, gasoil, mazout...). Le rail, qui transportait ceux-là, peut très bien transporter ceux-ci, à condition d’offrir des services qui conviennent aux distributeurs, les sociétés pétrolières, et à leurs clients des divers secteurs de l’économie.

Un train complet de produits pétroliers passe à Stockem.

A l’exception d’une installation gantoise, les grandes raffineries belges de pétrole se sont implantées à Anvers, au bord de l’Escaut. Le chemin de fer entend bien collaborer de plus en plus à l’écoulement de leurs produits en Belgique et à l’étranger.

Il dispose, au départ, de trois atouts : la grande gare de formation d’Anvers-Nord et les gares de formation complémentaires d’Anvers-Kiel et d’Anvers-Sud, qui sont toutes trois situées à proximité des installations pétrolières.

Wagons-citernes au chargement à la raffinerie.

 Vers le Grand-Duché.

Jusqu’à présent, la S.N.C.B. peut faire état d’une belle réalisation : le développement remarquable du transport d’hydrocarbures par wagons-citernes au départ des raffineries anversoises à destination du Grand-Duché, pour répondre aux besoins de la sidérurgie luxembourgeoise et d’autres usines consommatrices.

Cet accroissement a posé un problème de matériel. Il est en partie résolu grâce à une meilleure rotation des wagons et à une augmentation de leur capacité de transport. Depuis 1963, en effet, trois trains complets de produits pétroliers partent chaque nuit pour arriver le lendemain matin à Luxembourg, suivant l’horaire ci-après :

2 trains Anvers-Nord 23 h 14 4 h 18
Stockem 5 h 10 11 h 10
Luxembourg 8 h 41 14 h 57
1 train Anvers-Kiel 23 h 37
Luxembourg 8 h 41

Deux trains directs rapatrient les wagons-citernes vides le surlendemain.

 Le trafic intérieur.

Le transport par rail d’hydrocarbures destinés à la consommation intérieure belge est resté plus modeste. La consommation massive d’hydrocarbures par diverses industries (chimie, sidérurgie, cimenteries, verreries, centrales électriques, etc.) est relativement récente, et les industriels ne soupçonnaient pas les possibilités du rail en ce domaine.

Toutefois, les études menées par la S.N.C.B. ont abouti à la conclusion qu’il est de son intérêt propre aussi bien que de celui de l’industrie d’obtenir une part plus importante du trafic. En effet, le rail a toujours rempli un rôle de premier plan dans le transport des combustibles. Transporteur traditionnel des combustibles solides, il peut tout aussi bien transporter des combustibles liquides. La distribution du mazout demande des transports massifs et réguliers que la technique ferroviaire peut assurer comme pour les minerais, les cokes, les charbons industriels, la fonte en fusion, etc., et cela pendant toute l’année, même durant les périodes atmosphériques défavorables, en quelque endroit que les destinataires se trouvent sur le réseau. De plus, les transports par rail sont sûrs, et l’utilisation plus poussée du chemin de fer aura pour conséquences heureuses de désengorger les routes, d’économiser du carburant et de réduire les accidents et les incidents de parcours, etc.

Un grand wagon-citerne moderne.

Dans l’intérêt national, la S.N.C.B. a donc mis au point un programme d’organisation offrant les solutions techniques et commerciales adéquates.

Son but est de desservir, au départ du port d’Anvers, par trains spéciaux et programmés, les agglomérations à forte consommation. Il faut aussi permettre le service aux consommateurs plus modestes par le débranchement de trains complets à la gare d’escale la plus proche et par desserte spéciale des raccordements de la clientèle. Un processus inverse assurera le retour à vide des wagons-citernes vers les raffineries anversoises.

Le cycle complet d’une rame, ainsi conçu, doit être en principe de 48 h, soit :

  • mise des wagons vides à la disposition des raffineries tôt le matin, le jour A ;
  • départ des wagons chargés le jour A, au soir ;
  • arrivée des wagons chargés tôt le matin, le jour B ;
  • retrait des wagons vides le soir du jour B et retour vers les raffineries durant la nuit.

Compte tenu de la semaine de cinq jours, on peut ainsi réaliser deux ou trois rotations hebdomadaires.

Une telle organisation procure d’abord l’avantage de la grande régularité que l’on retrouve, par exemple, dans les transports de minerais et qui permet, aussi bien à l’expéditeur qu’au destinataire, de rationaliser la manutention. De plus, elle assure au consommateur la marche normale de l’entreprise avec un stock de sécurité réduit et une fourniture garantie des quantités et des qualités souhaitées.

La S.N.C.B. a déjà satisfait de la sorte de nombreux clients en divers endroits du pays dans le cadre de contrats particuliers prévoyant, le cas échéant, la fourniture de wagons-citernes.

Seuls les transports destinés à des points de consommation dispersés non raccordés ou non « raccordables » et les transports à courte distance n’appellent pas une solution ferroviaire.

En conclusion, ce bref aperçu tend à montrer que l’action dynamique menée ces derniers temps par la S.N.C.B. lui permet, grâce à une infrastructure rationnellement utilisée, de collaborer efficacement et d’une manière économique à la distribution des hydrocarbures.


Source : Le Rail, n° 131, juillet 1967