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Onzième période, 1940-1946 - Deuxième guerre mondiale (suite)

Phil Dambly.

mercredi 8 décembre 2010, par rixke

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Nous croyons intéressant de nous attarder un peu sur l’histoire des 2-10-0 à marchandises construites en Belgique en 1943-44 pour compte de la Deutsche Reichsbahn. Sur 200 machines Reihe (série) 50 UK commandées, 186 avaient été livrées. De 1949 à 1952, 140 d’entre elles ont été ramenées d’Allemagne par les soins de l’Office de Récupération économique et garées à Schaerbeek, Montzen, Ans, Herbesthal, Welkenraedt, Kinkempois et Ronet.

Douze machines du groupe remisé à Schaerbeek ont été vendues au Danemark en 1952, où elles ont formé la série N des D.S.B. (n° 201 à 210, les deux autres unités servant, de réserves de pièces de rechange). A défaut d’acquéreur, les Reihe 50 UK restantes ont été mises à la ferraille de 1952 à 1956.

Lee dernières locomotives de la commande, au nombre de 14, étaient en construction à la Libération. Elles ont été complétées pour la S.N.C.B., qui en fit le type 25 et en prit possession de 1945 à 1948. Ces locomotives, qui portaient les n° 25.023 et 25.001 à 25.013 (ex-2500), ont toutes été affectées à la remise de Latour en 1947.

25.002
Locomotive type 25, n° 25.002, ex-2502, dépourvue de déflecteurs et accompagnée d’un tender classique. Affectée ou dépôt de Schaerbeek en 1945 et transférée à Latour en 1947.

Les constructeurs étaient : Cockerill (25.013 et 25.001) ; Anglo-Franco-Belge (25.002) ; Couillet (25.003) ; La Meuse (25.023 et 25.004 à 012).

2501
Quelques types 25 étaient munis de grands déflecteurs. Ci-contre, locomotive n° 2501, ensuite 25.001, accompagnée d’un tender « baignoire ». Affectée ou dépôt de Schaerbeek en 1945 et transférée à Latour en 1947.

Dernière locomotive à vapeur fournie à la S.N.C.B., le 20 avril 1948, la 25.012 a été réformée en septembre 1958 sans qu’il fût fait la moindre allusion à ce point d’histoire. Oubli ou ingratitude ?

Les types 25, à roues de 1,40 m, à deux cylindres et à surchauffe, développaient 2.100 ch, pesaient 86,85 t et atteignaient 80 km/h. Certains d’entre eux étaient munis de grands déflecteurs classiques, tandis que les autres, dont le tablier s’arrêtait à hauteur des cylindres, en étaient dépourvus.

La série 50 était apparue en 1939. La série 50 UK était une version simplifiée, généralement dépourvue de réchauffeurs d’eau, dite de « construction de guerre transitoire » (Ubergangskriegsbauart). Elle fut suivie, en 1942, par la série 52, encore plus simple, dite « locomotives de guerre » (Kriegslokomotiven).

Groupe de « locomotives de guerre », série 52 de la Deutsche Reichsbahn (photo de propagande prise en 1943). Après la guerre, ces excellentes machines ont été utilisées par les chemins de fer allemands et autrichiens (série 52), belges (type 26), luxembourgeois (série 56), yougoslaves (série 33), turcs (série 56.5), tchèques (série 555), polonais (série Ty 2), roumains (série 150.1), bulgares (série 15), hongrois (série 520), norvégiens (série 63), néerlandais (série 49), français (150 Y) et soviétiques (type TE).

Après la Libération, cent machines de cette série, en cours de montage en Belgique, ont été complétées pour la S.N.C.B. de 1945 à 1946 et appelées type 26 (n° 26.001 à 26.100). Dix d’entre elles, n° 26.012 à 016 et 26.042 à 046, ont été vendues aux Chemins de fer luxembourgeois où elles ont formé la série 5601 à 5610. Les locomotives 26.045 et 26.046 ont été livrées directement aux C.F.L. au départ de l’usine, les autres avant passé en Belgique un séjour actif d’une semaine à trois mois. Le transfert aux C.F.L. s’est effectué en mai et juin 1946, à l’exception de la 26.043, qui partit seulement en octobre 1947.

26.071
Les types 26, aux lignes sobres, ne manquaient pas d’allure. Machine n° 26.071, ex-2671, de la remise de Kinkempois. Extérieurement, le type 26 se distinguait du type 25 par les déflecteurs horizontaux, une seule et grande sablière, la section carrée du tuyau de livrance, le support de coulisse, la cheminée raccourcie (4,280 m), etc.

Les douze premiers types 26 ont été mis en service à Schaerbeek en attendant la livraison des types 29. Les suivants ont été envoyés aux remises de Bertrix, Latour, Kinkempois et Renory. Les machines de Latour et Bertrix remorquaient principalement, en double traction, les trains de minerai circulant entre Lamorteau, d’une part, et Ronet, Monceau ou Jemelle/Marloie, d’autre part. En 1955, une série de machines fut attribuée à Montzen pour remplacer des types 81.

Les types 26 ont été construits par Tubize (26.100 et 26.001 à 024), Cockerill (26.025 à 049), Haine-Saint-Pierre (26.050 à 074), Anglo-Franco-Belge (26.075 à 099).

Ces belles machines étaient caractérisées par les déflecteurs horizontaux « à l’allemande », fixés sur la boîte à fumée. Elles pesaient 86 t., et leurs performances étaient égales à celles du type 25. Les deux types de machines étaient accompagnés de tenders classiques allemands de 26 m³ ou de tenders de 32 m³, à section semi-elliptique, sans châssis, dits « Wannentender » (tender-baignoire).

Environ 7.500 locomotives Reihe 52 ont été construites, tant en Allemagne qu’en Autriche, en Tchécoslovaquie, au Danemark, en France et en Belgique, et dispersées dans toute l’Europe, y compris l’U.R.S.S.

Les locomotives allemandes dites « butin de guerre » méritent aussi notre attention. Il s’agissait de locomotives de la Deutsche Reichsbahn abandonnées en Belgique en 1944, utilisées ensuite par l’U.S. Army ou saisies par l’Office de Récupération économique. La S.N.C.B. les prit en écritures de septembre 1944 à novembre 1945 et les employa pour la plupart jusqu’à leur restitution à la Deutsche Bundesbahn en juin-juillet 1950. Au moment de leur capture, ces machines aux abris flanqués de l’aigle à croix gammée étaient habillées de noir, avec roues et tablier rouges.

Il y eut onze locomotives série 50 UK, qui devinrent type 25 comme leurs « sœurs » construites en Belgique sous contrainte de l’occupant. Trois d’entre elles, n° 2521 à 2523, ont été reprises par l’U.S. Army à la fin de 1945. Sept exemplaires acquis en 1944-45 ont porté tout d’abord les n° 2513 à 2519 et ensuite 25.014 à 25.020. La onzième machine, trouvée en janvier 1946, reçut le n° 25.022. Ces types 25 étaient affectés à Schaerbeek et ont été envoyées à Latour en 1947, à l’exception des n° 25.014, 015, 019 et 020.


Source : Le Rail, n° 139, mars 1968