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Evolution de la traction diesel

M. Laurent, ingénieur en chef.

mercredi 2 mars 2011, par rixke

 Autorails d'avant-guerre et Brossel

Les premiers autorails ont fait leur apparition sur notre réseau en 1930. Mais la période d’avant-guerre a surtout été marquée par les tâtonnements inhérents à un nouveau mode de traction.

De 1930 à 1939, la SNCB a mis en service une soixantaine d’autorails de vingt types différents ; à part les tout premiers qui étaient à moteur à vapeur, tous les autres étaient équipés de moteurs diesel ; une majorité ne comportaient qu’une voiture, mais il y en avait aussi à deux et à trois voitures, certains pouvant circuler à 140 km/h.

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un AR 654, hors service depuis 1966

Un grand nombre ont été détruits durant la guerre et ceux qui pouvaient être remis en ordre de marche, principalement les doubles et les triples, ont été rassemblés à la remise de Bruxelles Midi-autorails. Durant quelques années, vers 1950, ces autorails ont assuré, au départ de Bruxelles, des trains à grand parcours, notamment vers Luxembourg, Spa, Roosendaal, Adinkerke, Erquelinnes. Ils ont progressivement été déclassés de 1955 à 1968.

A partir de 1939, la SNCB a inauguré une autre politique et mis en service des séries d’autorails économiques, destinés à la desserte des lignes secondaires ; ils ne comportaient qu’une seule voiture, équipée d’une motorisation de camion (moteur diesel Brossel, embrayage, boîte mécanique à quatre vitesses, ponts d’essieux) ; le confort était rudimentaire car tout avait été sacrifié à la simplicité et à la légèreté mais cette dernière permettait des performances intéressantes en service omnibus et sur les fortes rampes.

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un AR Brossel 551, hors service depuis 1962

Ces engins ont été construits à une bonne centaine d’exemplaires et dispersés sur tout le réseau ; il y en avait notamment à Gouvy, à Courtrai, à Bertrix et à Saint-Nicolas. Par suite des difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers, la plupart ont été équipés d’un gazogène durant la guerre. Les 20 dernières unités, sorties en 1952 et modernisées durant les années septante, sont toujours en service (série 46).

 Missions assignées à la traction diesel

Les choses vraiment sérieuses ont commencé à partir de 1954, avec la sortie massive de nouveaux autorails et de locomotives diesel de ligne et de manœuvres, après que le Conseil d’administration de la SNCB ait décidé la suppression de la traction à vapeur. Les lignes principales devaient être électrifiées ; quant à la traction diesel, elle était réservée aux lignes principales en attendant leur électrification, aux lignes secondaires et au service des manœuvres.

 Nouveaux autorails

Un choix a été fait : ils sont destinés aux lignes secondaires. En conséquence, leur vitesse maximum est limitée à 80-100 km/h et leur puissance est relativement modeste : 257 à 295 kW (350 à 400 ch). Ils ne comportent qu’une seule voiture, mais deux autorails peuvent être accouplés pour la conduite en unité multiple, par un seul conducteur. On peut aussi leur adjoindre une remorque. Enfin, par rapport aux Brossel, la capacité a été augmentée et le confort a été amélioré, mais la tare est passée de 24 t à plus de 40 t.

56 autorails, réalisés suivant ces principes, ont été mis en service en 1954 et 1955, 36 avec motorisation SEM et 20 avec motorisation GM. Seule exception à cette règle : une série de 7 triples, avec 2 motorisations SEM, construite de 1958 à 1962.

Les 36 + 7 à motorisation SEM ont été déclassés en juin 1984, avec l’instauration du plan de restructuration.

 Locomotives diesel de ligne

Dans une première phase, 95 unités sont mises en service de décembre 1954 à août 1955. Ce sont des locomotives mixtes (voyageurs et marchandises) équipées d’un moteur diesel de 1 285 kW (1750 ch) et d’une transmission électrique (la transmission est l’équivalent d’une boîte de vitesses mais pour des puissances supérieures à 150 à 220 kW soit 200 à 300 ch). Une chaudière à vapeur à fonctionnement automatique est destinée au chauffage des trains de voyageurs. Elles possèdent un poste de conduite à chaque extrémité, peuvent être conduites en unité multiple et leur vitesse maximum est de 120 km/h.

Les motorisations sont analogues à celles qui, à cette époque, existaient à des milliers d’exemplaires aux Etats-Unis. Les motorisations ont été, soit importées, soit fabriquées en Belgique. Les locomotives ont été construites en Belgique (caisse + bogies + montage et mise au point des équipements).


Source : Le Rail, août 1985