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AC Malines

L. Gillieaux.

lundi 20 septembre 2010, par rixke

Le mois dernier, nous avons présenté l’atelier de Salzinnes, chargé du grand entretien des locomotives électriques et diesel. Intéressons-nous cette fois à l’atelier central de Malines, qui assure les interventions importantes sur les voitures et les automotrices. Là aussi, le personnel consacre tout son savoir-faire à la remise en état optimal du matériel et à sa modernisation, pour qu’il rende le plus longtemps possible un service de haute qualité, dans un chemin de fer toujours plus attentif à la satisfaction des besoins de sa clientèle actuelle et future.

Le grand spécialiste des voitures et automotrices

 Aussi vieux que le chemin de fer

5 mai 1835 : la première ligne publique de chemin de fer est mise en service sur le continent, entre Bruxelles et Malines. Malines est, dans un premier temps, le centre du réseau qui est en train de se construire, avec des lignes gagnant progressivement Anvers, Ostende, Courtrai, Mons et Quiévrain, Liège et la Prusse.

Ce chemin de fer naissant connaît vite le succès. Les trains ont besoin d’entretien et de réparations. C’est pourquoi, un important atelier est aussitôt construit à proximité immédiate de la gare. De ce fait, Malines est le plus ancien des ateliers de la SNCB et vraisemblablement aussi de tous les chemins de fer sur le continent. Il fut familièrement appelé « l’arsenal » - surnom qui est resté - car, au tout début, on fit appel à des ouvriers d’un atelier de l’armée pour effectuer les premiers travaux sur le matériel de chemin de fer.

Au fur et à mesure de l’érection d’autres installations de maintenance du matériel en divers endroits du réseau, Malines se spécialisa dans les opérations de grand entretien et de réparations importantes des locomotives et des voitures à voyageurs. L’atelier se développa progressivement tout en adaptant ses équipements à l’évolution des techniques : bâtiments d’entretien pour voitures à bogies en 1924, hall de chaudronnerie et de montage en 1932, nouveau complexe de bureaux en 1935.

Actuellement, quelque 1400 agents travaillent dans les installations qui s’étendent sur une superficie de près de 36 hectares, dont environ un tiers est bâti, Cependant, malgré l’ancienneté de l’atelier, la majorité des constructions datent d’après la Seconde Guerre mondiale. En effet, près des quatre cinquièmes des bâtiments furent fortement endommagés pendant ce conflit et durent être partiellement ou totalement reconstruits.

Malines a assuré le gros entretien et les réparations lourdes sur les locomotives à vapeur jusque dans les années 1950. Il s’est ensuite occupé des mêmes opérations pour nombre de locomotives électriques, jusqu’à ce que Salzinnes prenne le relais.

Pour ce qui concerne les voitures à voyageurs, Malines s’est toujours acquitté des opérations de révision générale ou de grand entretien sur de nombreuses séries du parc et cette activité s’est même fortement développée ces dernières années. Quant aux automotrices électriques, qui firent leur apparition en 1935 entre Bruxelles et Anvers, c’est tout naturellement à Malines qu’elles furent entretenues.

 Les grandes révisions sur les voitures et automotrices

Comme évoqué lors de la présentation des activités de l’atelier de Salzinnes, l’entretien du matériel s’effectue selon différents cycles périodiques qui se superposent.

Pour les automotrices, on opère une distinction, par ordre croissant d’importance, entre les visites approfondies, l’entretien courant, les travaux périodiques et enfin, les révisions, tant intermédiaires que générales.

Les trois premières catégories d’interventions sont exécutées dans les unités de maintenance courante, (postes d’entretien et ateliers de traction) réparties sur le réseau. Par contre, les opérations relevant de la quatrième catégorie sont assurées par Malines.

Pour les voitures, les entretiens se répartissent selon le calendrier suivant :

  • La visite complète (« VC »), qui comporte une série de contrôles effectués selon une périodicité de 6 mois ;
  • La grande visite générale (« GVG »), effectuée tous les 400 000 km et qui consiste dans l’examen approfondi de nombreux organes ;
  • La révision intermédiaire (« R2 »), qui comporte la remise en état de divers organes de la voiture et est effectuée selon une périodicité d’environ 800 000 km. Elle requiert quelque 500 heures de travail par voiture ;
  • La grande révision (« R3 »), qui est une opération de remise à neuf, effectuée à la moitié de la vie du matériel. Elle peut aller jusqu’à 3 000 heures de travail par voiture.

Les deux premières catégories d’interventions citées ci-dessus sont assurées dans les divers postes d’entretien répartis sur l’ensemble du réseau. Par contre, les révisions intermédiaires (« R2 ») et générales (« R3 ») des voitures constituent quant à elles une des activités principales de Malines.

Les révisions des voitures et automotrices

À part les révisions intermédiaires et générales des voitures et des automotrices, Malines exécute encore d’importantes opérations de modernisation (également dénommées « R4 ») sur diverses séries de matériel à voyageurs (voir dernière page).

Ces différentes opérations sont étudiées de concert entre les services spécialisés responsables du matériel et l’atelier. Celui-ci dispose en outre d’un bureau de dessin qui intervient pour la concrétisation des opérations ainsi que pour les fabrications spéciales évoquées plus loin.

En règle générale, les véhicules entrant en révision sont pris en charge dans le grand hall « L » où ils sont préparés : désaccouplement des éléments d’automotrices, nettoyage approfondi, etc. Les véhicules sont ensuite transbordés vers le grand hall « R » où, en fonction des programmes de charges, ils sont répartis entre les deux chaînes principales de révision, lesquelles traitent chacune aussi bien les automotrices que les voitures. Cette solution de mixité a, depuis 1986, été préférée à une organisation précédente en deux halls de travail spécialisés, vu la plus grande souplesse offerte et compte tenu de la standardisation croissante existant entre nombre d’équipements de voitures et d’automotrices.

Dans le hall « R », les véhicules sont débarrassés de leur équipement et démontés partiellement : séparation des caisses et des bogies, démontage des portes intérieures et extérieures, retrait de vitres, de sièges, etc. Les différents éléments constitutifs sont envoyés pour révision, réparation et remise à neuf vers les unités spécialisées réparties dans les divers bâtiments : ateliers bogies, mécanique, tôlerie, entretien et réparation des moteurs de traction, électricité, électronique, frein, menuiserie, garnissage, etc. Cependant certains aspects du garnissage, de la menuiserie et de la tôlerie relative aux portes et parois extérieures des véhicules sont actuellement toujours traités dans le hall « R ».

Ensuite, les véhicules passent par le chantier de mise en peinture, également installé dans le hall « R ». Là, après que les anciennes peintures ont été décapées par grenaillage, les véhicules gagnent les cabines de peinture par projection, le stand de séchage et les installations de finition. Ensuite, ils sont à nouveau transbordés vers le hall « L », où ils subissent des essais avant de repartir pour une « nouvelle carrière » en service.