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Onzième période, 1940-1945. - Reprise du Nord Belge et 2e guerre mondiale

Phil Dambly.

mercredi 3 août 2011, par rixke

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A l’occasion de la reprise du Nord Belge, le 10 mai 1940, 150 locomotives ont été versées à l’effectif de la S.N.C.B. Dès sa création, la Société du Nord Belge avait acheté divers types de locomotives à la Compagnie du Nord français et fait construire en Belgique des machines identiques. Les locomotives du Nord Belge étaient réparées et transformées aux ateliers de Saint-Martin, près de Marchienne-Zone. Les dépôts de cette compagnie étaient établis à Kinkempois, dans la banlieue liégeoise, à Saint-Martin et à Frameries.

Parmi le matériel primitif qui circula sur le réseau du Nord Belge, nous ne pouvons omettre de citer deux locomotives anglaises construites par Tulk & Ley à Whitehaven, pour le chemin de fer de Namur à Liège, et mises en service en 1846. Appelées « Namur » et « Liège », ces 4-2-0 étaient les premières machines construites d’après le système Crampton.

Le diamètre des roues motrices, 2,13 m. était vraiment remarquable pour l’époque. Ces locomotives, dont la carrière fut assez brève, ont été en fait les prototypes de toutes les locomotives « Crarnpton » qui furent construites pour les différents réseaux européens.

Trois locomotives « Buddicom », construites en 1846, tendérisées en 1860 et rachetées au Nord français en 1868, ont remorqué des trains de voyageurs sur la ligne Liège - Givet. Ces 2-2-4, à cylindres extérieurs, conservèrent leurs numéros de série français, 172, 189 et 200.

Locomotive n° 189, une des trois « Buddicom » « tendérisées » mutées au Nord Belge en 1868 et démolies en 1871. Ces machines ont conservé les n° 172, 189 et 200 qu’elles portaient au Nord français (série 171 à 200, Buddicom, 1846-48).

Des locomotives à voyageurs construites par Cockerill, série 4 à 7, apparurent sur la même ligne en 1849. Elles appartenaient au type 0-4-2 et furent modifiées en 1858.

Locomotive à voyageurs n° 4, série 4 à 7 (Cockerill, 1849).

La ligne Liège - Givet vit encore circuler les locomotives n° 8 à 17, des 2-2-2 livrées par Cockerill en 1856. Identiques à un type « Wilson » de l’Etat belge, elles assuraient la traction des trains de voyageurs.

Locomotive à voyageurs n° 16, série 8 à 17, du type « Wilson » (Cockerill, 1856).

Six locomotives-tender à deux essieux, construites par Saint-Léonard en 1856, portaient les numéros et les noms suivants : 81, « Eschyle » ; 82, « Sophocle » ; 83, « Euripide » ; 84, « Praxitèle » ; 85, « Ménandre » ; 86, « Plaute ». Elles ont été transformées à Saint-Martin, en 1862 et en 1872, par l’adjonction d’un troisième essieu accouplé entre les deux essieux d’origine et par l’agrandissement des soutes à eau. La machine n° 85, qui avait reçu une nouvelle chaudière en 1904, assurait encore les manœuvres au dépôt de Kinkempois après 1918.

Locomotive de gare n° 84 « Praxitèle », série 81 à 86, à l’état définitif. Les soutes à eau ont été agrandies en 1862-63 et l’essieu médian ajouté en 1872 (Saint-Léonard, 1856).

Les locomotives à voyageurs n° 51 à 56, à trois essieux accouplés, ont été construites par Saint-Léonard en 1848. Primitivement munies d’un foyer « haycock », elles ont reçu une nouvelle chaudière en 1871. Quatre d’entre elles portaient les noms suivants : 51, « Caroline » ; 52, « Tacite » ; 53, « Emily » ; 54, « Demonceau ».

Locomotive à voyageurs n° 52 « Tacite », série 51 à 56, transformée aux ateliers de Saint Martin en 1871 (Saint-Léonard, 1848).

Les locomotives dites « Stephenson » appartenaient à deux types très répandus à partir de 1846. Huit machines du type 2-4-0 furent achetées au Nord français en 1862 et en 1880. Destinées aux services voyageurs, elles reçurent les n° 20 à 25, 30 et 31. Leurs chaudières à foyer « haycock » furent renouvelées de 1874 à 1876. Ces locomotives figuraient encore à l’effectif en 1911 et remorquaient les trains légers sur les sections Mons - Hautmont et Charleroi - Erquelinnes.

Locomotive à voyageurs n° 23, série 20 à 31, du type « Stephenson » (Derosne & Cail, 1846), 2-2-2 transformée en 2-4-0 en 1862. On note le foyer « haycock » d’origine, dit « gothique », qui sera remplacé dès 1874.

Les 25 machines du type à marchandises avaient été, elles aussi, achetées au Nord français en 1880. Ces 0-6-0 reçurent les n° 151 à 175. Elles étaient utilisées sur la ligne Liège - Givet et ont disparu vers 1906.

Le Nord Belge a possédé une série importante de locomotives du type « Mammouth », construites en 1857 et en 1861 par Cockerill et la Société de Couillet. Elles différaient très peu des machines similaires livrées à la même époque à la Compagnie du Nord français. Le Nord Belge a employé ces locomotives à trois essieux accouplés et roues de 1,44 m pour la traction des principaux trains de voyageurs, y compris les express Paris - Cologne. Remplacées par un type plus récent à partir de 1881, elles furent réservées au service des trains locaux de voyageurs, principalement sur la ligne de Namur à Givet.

Locomotive n° 99, du type « Mammouth » (1860).

A ce moment, les ateliers de Saint-Martin transformèrent la plupart des « Mammouth » en locomotives-tender pour le service des trains légers de voyageurs, dits « trains-tramways », dans les banlieues de Liège et de Charleroi. Elles reçurent le frein Westinghouse en 1895.

La même machine, « tendérisée ». Le premier essieu a été découplé pour diminuer le poids adhérent. Il y eut 34 « Mammouth » (n° 61 à 79 et 91 à 105). Toutes « tendérisées » par la suite, sauf les n° 65, 68, 94, 98 et 103). Les machines n° 61 à 76 ont alors été renumérotées de 1 à 4, 6 à 7, 9 à 13, 17 à 19 ; les machines n° 77 à 79 de 14 à 16 et ’es autres ont conservé leur numéro original.

Les vingt locomotives du type « Creusot », à trois essieux accouplés, avaient des roues de 1,42 m. Numérotées de 651 à 670, elles avaient été construites par Cockerill en 1854-1855, d’après les études réalisées en collaboration par le Nord français et les usines Schneider au Creusot. C’est pour cette raison qu’elles furent désignées sous ce pseudonyme. Le type « Creusot » se caractérisait par le diamètre du corps cylindrique, considérable pour l’époque. Ces machines avaient été dotées d’un abri pour le personnel vers 1908. Attachées à la remise de Kinkempois, elles étaient utilisées en dernier lieu à la remorque des trains de marchandises entre Liège, Namur et Givet.

Locomotive à marchandises n° 666 « John Cockerill », série 651 à 670, du type « Creusot », affectée à la remise de Kinkempois (Cockerill, 1855).

Source : Le Rail, novembre 1967.