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L’atelier Central de Louvain

J.-C. Carlier.

mercredi 10 août 2011, par rixke

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 Bientôt un siècle !

Saviez-vous que cet atelier est un des plus anciens du réseau et qu’il s’étend en fait sur le territoire de Kessel-Lo ? C’est en 1865 qu’il fut construit par le « Grand Central belge » dans cette commune de la banlieue louvaniste, et ceci vous explique qu’à la ronde, on l’appelle toujours le « Central ».

Louvain était le nœud principal des 628 kilomètres de voies que cette société exploitait ; il était donc normal qu’elle fixât, dans cette région, l’atelier de réparation de son matériel roulant.

Stands de montage des moteurs diesel.

Le « Central » occupa bientôt près de deux mille ouvriers ; il n’en fallait pas plus pour déterminer l’essor de Kessel-Lo. La vie de la commune ne cessa plus d’être étroitement liée à celle de son industrie ferroviaire, et celle-ci, en devenant toujours plus active, allait être considérée, après la reprise par l’Etat du « Grand Central belge » (1897), comme la plus grande de la région de Louvain.

Au cours d’une histoire presque centenaire, les tâches qui furent confiées à l’atelier ont évolué : il remit successivement en état des voitures, des wagons, des locomotives à vapeur, pour devenir enfin ce qu’il est actuellement : le centre où l’on répare les parties les plus délicates du matériel roulant. Comme tel, le « Central » continue de tenir un rôle très important dans l’exploitation du réseau ferroviaire belge.

En 1944, des bombardements aériens détruisirent presque la moitié des bâtiments. A leur place s’élèvent aujourd’hui des chantiers, des magasins et des bureaux modernes, bien éclairés et aérés.

 L'activité actuelle

L’A.C. Louvain répare les ensembles délicats ci-après :

  • Les moteurs diesel et les boîtes de vitesse des autorails et des locomotives diesel de manœuvre ;
  • Les compresseurs ;
  • Les moteurs à essence des camions ;
  • Les appareils de frein ;
  • Les pompes à air et les pompes à eau des locomotives à vapeur.

Il répare en outre :

  • Les locomotives diesel de manœuvre ;
  • Les accouplements de frein et de chauffage du matériel roulant ;
  • Le matériel des gares ;
  • Les meubles.

En plus, il est chargé régulièrement de travaux spéciaux : transformation de wagons ; fabrication de mâts de signaux, d’armoires de signalisation, de bogies, de passerelles pour wagons, etc.

Réglage du matériel d’injection.

Les tâches, comme on le voit, ne manquent pas de diversité. Aussi a-t-on groupé, dans des sections spécialisées, les opérations de même difficulté :

  • Le chantier des moteurs : pour le matériel diesel, les moteurs à essence, les compresseurs ;
  • Le chantier du frein : pour tous les appareils de frein ;
  • Le chantier des pompes : pour les pompes à air et les pompes d’alimentation ;
  • Le chantier de montage : pour les locomotives diesel de manœuvre et les travaux importants de montage ;
  • La menuiserie : pour la fabrication et la réparation des meubles ;
  • La « fabrication » : pour la fabrication des pièces destinées aux magasins l’atelier même ;
  • Le chantier à « usages divers » : pour des fabrications diverses, pour le matériel de gare, pour les accouplements de frein et de chauffage.
Des disques d’embrayage de boites de vitesse attendent leur réparation.

Il est impossible de présenter en détail toutes les activités de ces sections dans le cadre de cet article. Nous nous bornerons à vous introduire rapidement dans deux chantiers dont l’activité résulte de la mise en service du matériel nouveau : le chantier des moteurs et celui du frein.

 Le chantier des moteurs

Réparation d’un carter soudé.

II comprend les divisions suivantes :

  • Démontage et nettoyage ;
  • Chaînes annexes et montage des moteurs légers et des compresseurs ;
  • Montage des boîtes de vitesse et des moteurs lourds ;
  • Réparation du matériel d’injection ;
  • Rodage des moteurs sur des bancs d’essai hydrauliques.

La réparation du matériel est effectuée d’après un programme-type, c’est-à-dire que la date de fourniture d’un moteur, d’une boîte de vitesse ou d’un compresseur est connue dès la prise en main. La réparation se déroule toujours selon le même schéma : démontage, nettoyage, vérification des pièces, réparation des pièces dans les chaînes annexes, assemblage dans le stand de montage, rodage dans le stand d’essai.

Réparation d’injecteurs.

L’atelier doit faire face continuellement à deux grands problèmes : la formation du personnel et l’approvisionnement en pièces de rechange. Voici quelques chiffres pour fixer les idées :


Source : Le Rail, décembre 1957