Rixke Rail’s Archives

Accueil > Le Rail > Matériel roulant > Voitures > Les nouvelles voitures de 2e classe de la S.N.C.B

Les nouvelles voitures de 2e classe de la S.N.C.B

P. Frenay, ingénieur principal.

mercredi 28 septembre 2011, par rixke

Toutes les versions de cet article : [français] [Nederlands]

Ce qu’ils en pensent
M. A. Gusbin utilise la ligne 162 depuis 1907, date à laquelle il prit son premier abonnement sur notre réseau. Il connaît le parcours comme un vieux cheminot. « Vous pensez, dit-il, depuis 51 ans que je le fais ! Que de figures me sont familières ! Par parenthèse, les agents sont très serviables. Quant aux nouvelles voitures, ce sont, bien entendu, les meilleures que j’ai connues. On ne peut trouver mieux, à moins de voyager en sleeping... »
M. R. Liebaers, un fidèle abonné « réseau », s’est exclamé : « Bravo pour la stabilité de l’ensemble et la tablette : je peux écrire pendant le trajet ! » II souhaitait un système d’aération plus parfait, pouvant éviter tout courant d’air latéral. C’est chose faite pour le nouveau type M. 2 : le service des Etudes a prévu des châssis munis, à leur partie supérieure, de petites glaces coulissantes, avec déflecteur, pour améliorer la ventilation.
Le châssis dernier cri (nouveau type M 2).
Mlle Gh. Casel, elle aussi, est satisfaite, spécialement de la tablette, si pratique pour y déposer une sacoche et la revue qu’on lit en voyage. Les dames ne doivent plus laisser leur sac à côté d’elles, d’où gain de place et de confort.
Et voici l’avis de M. G. Lievens, qui prend le train pour se rendre au travail : « Un grand merci aux techniciens du rail. Je peux lire dans le train, sans me fatiguer les yeux. Dans les nouvelles voitures, il n’y a ni tremblement ni secousse, et quel bon éclairage ! De plus, grâce à l’insonorisation, pas besoin d’élever la voix pour se faire comprendre... »
Mme Solange Feuvrier venait de France, du Gard, pour préciser. C’est bien volontiers qu’elle donna son avis, après nous avoir présenté son mari, avec un regard pétillant (il travaille dans une fabrique d’eau « qui fait pcht... »). Ce qu’elle a remarqué surtout, c’est l’extrême propreté des voitures, le confort des tablettes et des « vidangeurs » (c’est ainsi qu’elle appelle les boîtes à déchets). « Vraiment, dit-elle, c’est bien agréable de voyager sur le réseau de la S.N.C.B. Vos voitures font penser au confort des grandes michelines des express de France... »
Joseph De Smedt, en bon serveur, est tout heureux qu’on ait prévu des tablettes. On dirait qu’elles attendent les consommations, et celles-ci, tant le matériel est stable, ne débordent pas, quelle que soit la vitesse. « II y a, ajoute-t-il, d’excellents porte-colis ; dommage que tant de voyageurs oublient de s’en servir ; ils laissent leurs bagages dans le couloir, sans penser à la prévention des accidents et de la casse... »
Pour Louis Schmickrath, visiteur M.A., les nouvelles voitures sont excellentes. « Timonerie, roues, butoirs, chauffage, portes, tout est très bien. Il faut vraiment qu’il y ait eu un freinage particulièrement intempestif pour qu’un visiteur trouve un bandage lâché. Une fois, un frein s’étant calé, j’ai vu une roue en feu, mais elle n’avait subi aucun dégât. C’est très rare, vraiment, quand il faut retirer une voiture du service... »
Jean Van Hove, en tant que nettoyeur de voitures, est surtout satisfait des écrans qui empêchent les détritus de glisser sous les banquettes. Pourtant, le nettoyage demande plus de travail, à cause des multiples pièces métalliques et du rembourrage des sièges, mais comme c’est plus agréable ! Les panneaux stratifiés mélaminés brillent comme neufs quand on les frotte légèrement avec un chiffon humide. « J’ai mal au ventre, ajoute-t-il, quand je vois les marques que des vandales ont voulu incruster Car il faut vraiment vouloir agir méchamment pour parvenir à griffer des panneaux aussi solides. »
« Voilà certainement, dit le chef garde Maurice Piffet, le matériel léger le mieux construit d’après-guerre, et, pour le personnel de contrôle, c’est parfait. La fermeture des portières est très facile ; de plus, le dispositif est tout à fait sûr. Pour nos déplacements, rien de tel que le couloir central au milieu d’une voiture bien équilibrée. L’éclairage aussi donne complète satisfaction. Quant aux toilettes, des usagers ne savent pas encore comment fonctionne la chasse d’eau ; ils ne pensent pas à appuyer sur la pédale... Mais tous apprécient le confort remarquable des nouvelles voitures ; quand se présente une rame qui n’est pas homogène, les clients n’hésitent pas : ils se dirigent vers le matériel neuf. Je ne voyais qu’un inconvénient mineur : l’entretoise qui sépare les demi-fenêtres barre la vue de quelques voyageurs, ceux qui, assis, ont justement les yeux à cette hauteur-là. Mais cet inconvénient disparait avec le châssis dernier cri des voitures M. 2... »

Source : Le Rail, septembre 1958