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Georges Scieur et Désiré Vranckx améliorent l’outillage

mercredi 23 novembre 2011, par rixke

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  Sommaire  

 A Salzinnes

Lorsque l’A.C. Salzinnes fut chargé de reprendre la réparation de certains types de locomotives et notamment des types 29, Georges Scieur, planning-man des travaux de tournage et ancien tourneur d’élite lui-même, fut « chiffonné ». C’est le terme expressif qu’il utilise pour définir le malaise qu’il ressentait en voyant peiner ses collègues au cours de certaines opérations.

Il n’est jamais trop tard pour entreprendre une œuvre nouvelle ; Georges Scieur, qui n’avait suivi d’autres cours que ceux de l’école primaire, mais qui, au long de ses trente-trois années d’excellents services, avait développé ses dons d’observation et son intelligence pratique, loin d’abandonner les problèmes qui le « chiffonnaient », se mit à y réfléchir, si bien qu’il parvint à concevoir divers outillages permettant d’accroître la productivité, tout en diminuant la fatigue.

C’est ainsi qu’il imagina notamment deux appareils nouveaux pour améliorer, en toute sécurité :

  • L’outillage utilisé pour usiner les segments Hunt-Spiller des locomotives types 1, 29 et 40 ;
  • L’outillage dont on se servait pour parachever les cercles de piston distributeur des locomotives type 29.

La place nous manque pour détailler les améliorations techniques qui résultent des trouvailles de son esprit inventif. Mais nos photos permettront de juger une autre réalisation de Georges Scieur. Sur la première, on voit que le tourneur Plumier enfonce un bouchon conique dans un centre d’essieu, au moyen d’un gros marteau. Cette ancienne méthode était pénible et ne donnait pas toutes les garanties au point de vue de la sécurité. Lorsqu’il s’agissait d’enfoncer un bouchon cylindrique, il fallait même déplacer l’essieu jusqu’à une presse hydraulique, par une suite de manutentions assez dangereuses. Georges Scieur, pour remédier à ces ennuis et à ces risques, eut une idée très simple : faire enfoncer les bouchons par un marteau-revolver prenant appui sur un support approprié. Telle est la simplification que montre la deuxième photo, sur laquelle on voit aussi l’inventeur du nouveau système.

La Société a récompensé Georges Scieur, et ses collègues l’ont payé de sa peine en déclarant : « C’est moins fatigant et moins dangereux ».

 A Aerschot

Enlever et replacer les éléments de surchauffe des locomotives constitue un travail malaisé, et même dangereux. Il est difficile pour deux ajusteurs de le mener à bien sans aide supplémentaire. Pour réparer ne fût-ce qu’un seul élément, il faut bien souvent enlever deux ou trois rangées d’autres, les déposer sur le sol et replacer l’ensemble après réparation. De par leur forme, ces éléments ne sont guère maniables, et leur manutention cause souvent des accidents.

Comment remédier à ces inconvénients ? Le contremaître Désiré Vranckx, - de la remise d’Aerschot - a imaginé une plateforme très pratique, qu’il a construite avec l’ajusteur Van Rompay (voir photo). En deux mots, elle sert d’établi surélevé, et, grâce à elle, on supprime toutes les opérations de « trimballement » des éléments. C’est tout profit pour le rendement et pour la sécurité.

La plate-forme elle-même, un assemblage de vieux tubes, se monte en un minimum de temps. Après usage, on la replie et on la conduit, sur des roulettes, d’une voie à l’autre. Que voulez-vous de plus pratique ?

Une trouvaille supplémentaire complète cette heureuse réalisation : outils, écrous, cales, plaques, appareils de levage ont, chacun, leurs places respectives sur la plate-forme. Dès que le travail est fini, on se rend compte, d’un seul coup d’œil, si rien ne traîne et si tout est rangé comme il convient.

Le contremaître Vranckx a encore d’autres améliorations d’outillage à son actif :

  • Un appareil pour le placement et le remplacement du joint d’étanchéité entre la transmission et le compresseur des autorails T. 602-603 ;
  • Un appareil pour l’extraction des tourillons d’entraînement 409 K 37 du compresseur type K 105, de la transmission de l’autorail 603.

Dans les deux cas, la sécurité et le rendement sont bien servis.


Source : Le Rail, septembre 1959