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La distribution de l’heure sur le réseau de la S.N.C.B.

R. Mignolet.

mercredi 28 décembre 2011, par rixke

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Il y a quelques lustres, c’était déjà une nouveauté importante que de doter des horloges de contacts électriques, se fermant toutes les secondes, demi-minutes ou minutes, par lesquels on commandait l’avancement d’un grand nombre d’horloges dépendantes, de construction simple, certes. On avait ainsi l’assurance que, dans le périmètre gouverné par l’horloge principale - qui recevait le nom de régulateur ou d’horloge mère -, toutes les indications d’heure seraient identiques entre elles. Mais il restait nécessaire de vérifier et de régler journellement chacune des horloges mères. L’agent responsable se basait pour cela sur un « chronomètre », conservé en poche, auquel il confrontait les indications des horloges mères.

une horloge mère.

Plus tard, peu après l’introduction du « dispatching » sur notre réseau (vers 1922-1925), on se servit de ce moyen pour transmettre l’heure, à partir d’un point central, à toutes les gares de la ligne. Dès cette époque, les « boîtes à clés » des « dispatchers » étaient complétées par une « clé de l’heure » (fournissant un code spécial), que chaque « dispatcher » actionnait à la main au moment précis où le régulateur de son bureau indiquait 15 heures. Dans les gares, les agents, alertés par les « tops » de sonnerie, réglaient alors leurs horloges. Cette organisation faisait intervenir plusieurs agents en cascade ; il en résultait vite des décalages d’indications entre les horloges, ceux-ci étant d’autant plus importants que la cascade était plus longue.

Une horloge secondaire (dernier modèle).

La technique a, surtout vers 1948, marqué de nouveaux progrès en cette matière. D’abord, la « clé de l’heure » a été remplacée par une commande automatique, faite par l’horloge mère elle-même, à l’intervention d’un plateau à cames portant les contacts nécessaires. Puis, lors de la mise en service de nouvelles installations locales de distribution d’heure comprenant une horloge mère et une série d’horloges secondaires, on a muni les horloges mères elles-mêmes de dispositifs qui permettent à distance la remise à l’heure de celles-ci par une commande électrique appropriée. Cette remise à l’heure à distance peut corriger des écarts de 20 secondes au maximum par jour (alors que la dérive d’une horloge mère en marche libre est limitée à 6 secondes par mois).

La remise à l’heure de toute une série d’horloges mères se fait actuellement, chaque jour, à 13 heures ; on utilise pour cela momentanément des circuits téléphoniques de nos câbles pupinisés. Les impulsions nécessaires prennent leur origine dans une horloge correctrice installée à Bruxelles, elle-même contrôlée et remise à l’heure constamment par l’Observatoire royal d’Uccle. Le schéma général est ainsi le suivant : les diverses horloges mères, qui fonctionnent en marche libre la plus grande partie du temps, se relient d’elles-mêmes aux circuits de remise à l’heure, chaque jour, quelques instants avant 13 heures ; elles subissent les impulsions envoyées de Bruxelles ; après remise à l’heure, elles repartent en marche libre pour une nouvelle journée.

A tout instant, les horloges secondaires sont entraînées et gardées en synchronisme parfait.

Ainsi, des améliorations techniques constantes et des soins assidus éliminent progressivement tout risque d’erreur et font battre toutes nos horloges à l’unisson le plus assuré !


Source : Le Rail, janvier 1960