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Chants de nuit
Photos : Sandrine Delestree, Textes : Raymond Rombout, Coordination : Paul Pastiels, Adaptation Française : René Danloy
mercredi 23 mai 2018, par
Bruxelles : chants de nuit,Cahots d’un moteur bougonAu lever du jour.
L’heure de la nostalgie.Tandis que les coups de la masse s’abattent sur les vieux piliers,(Battements de timbale en un staccato incessant)Le Midi se prépare à bientôt renaître, tel un phénix.Tandis que l’on se tend à attendre, comme les cordes d’un violon,(Chaque jour un peu plus de tension)La curiosité donne le ton, andante moderato, au désir d’un sursis.Tandis que les souvenirs engendrent la mélancolie.Les dernières images.Le Midi, ces vieux quartiers ; le magnétisme du Nord pour qui vient du Sud.D y fut un jour la plus neuve des symphonies ;maintenant s’enfuit le temps au son des trompes. Après deux générations, déjà !Et la vie s’écoule toujours plus vite : allegro ma non troppo !Le Midi, mais pas simplement le Midi.Une équipe du « Rail », en reportage, a pris le pouls de la gare, comme avantune opération chirurgicale. De dix-huit à six heures, dans la quiétude nocturne,du crépuscule à l’aube.Bruxelles Midi, petite musique de nuit.Quand portes et trappes se verrouillent. La navette s’ébranle, drainant goutte à goutte lessilhouettes : ces hommes de la nuit, qui s’activent, retroussant leurs manches.Quand le monde occulté se referme sur lui-même.La face assombrie de la gare.Au fil de ces quelques pages, nous en avons tissé la trame pour vous. Sept pages d’uneatmosphère d’autrefois. Pour en conserver, en chérir la mémoire.Sans rancune :.. Mais avec un regard pour le métronome qui bat, imperturbable.Et tac ... et tac ... et tac ...
En ce temple jaune,
Tous ces pas anonymes cèlent
Tant de vies intimes...
Tous ces pas anonymes cèlent
Tant de vies intimes...
Chevaliers du guet,
Vos longs serpents de lumière
Echancrent la nuit...
Vos longs serpents de lumière
Echancrent la nuit...
L’escalier s’anime :
Un train dont essaiment les gens
Bâtisseurs de jours...
Un train dont essaiment les gens
Bâtisseurs de jours...
Salut, « m’man Gâteau »,
(Ouvrant la boîte aux délices).
"Coucou, toi ! Une couque... ?
(Ouvrant la boîte aux délices).
"Coucou, toi ! Une couque... ?
Premier banlieusard,
Qui marche, et se hâte, trottine
Vers quelque travail...
Qui marche, et se hâte, trottine
Vers quelque travail...
Au petit matin,
S’en va le train pour Ostende,
Martelant les rails...
S’en va le train pour Ostende,
Martelant les rails...
Source : Le Rail, mai 1993
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