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1835 -1966 : Adieu Vapeur !
A. Vanden Eynde, inspecteur technique principal.
lundi 18 mars 2024, par
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Allocution de M. Lucien Lataire, directeur général
L’évènement que nous vivons aujourd’hui fera date dans l’histoire ferroviaire, non seulement de la région et des deux provinces intéressées, mais aussi de toute la Belgique. La portée de cette journée est considérable.
Au moment où prend fin dans notre pays le règne de la locomotive à vapeur, il faut rappeler que la première ligne ferrée du continent européen fut inaugurée en 1835 lorsque, de la gare de Bruxelles-Allée Verte, aujourd’hui disparue, un train de voyageurs tiré par le remorqueur « La Flèche » prit le départ à destination de Malines.
La même année sortait des usines Cockerill à Seraing la première locomotive nationale baptisée « Le Belge ». A sa suite, plusieurs milliers d’engins fabriqués chez nous sillonnèrent la Belgique et le monde entier, y portant le renom de notre glorieuse industrie nationale de matériel de chemin de fer.
La traction à vapeur connut ce développement prodigieux grâce à ses perfectionnements successifs, dont certains sont l’œuvre de nos compatriotes. Dois-je vous rappeler le nom de Belpaire, celui de Walschaerts, chef d’atelier à Bruxelles-Midi, inventeur d’un système de coulisse qui détrôna pour toujours celui du grand Stephenson, puisque aussi bien il équipe encore notre locomotive d’aujourd’hui ?
Plus près de nous, la type 12, dernière locomotive à vapeur sortie en 1939 des ateliers belges, remporta le ruban bleu de la vitesse sur le parcours Bruxelles - Ostende.
La dernière guerre avait détruit notre industrie comme notre matériel roulant. Il fallut, pour parer au plus pressé, recourir à des locomotives d’outre-Atlantique, dont vous avez le dernier exemplaire devant les yeux.
Si le règne de la vapeur s’achève ainsi en 1966, c’est au terme d’un long déclin. Dès 1930 apparaissait le premier autorail diesel. L’électrification en 1935 de la ligne Bruxelles - Anvers devait ébranler à nouveau la prééminence de la vapeur.
Mais le dernier coup de boutoir fut donné à partir de 1952 par mon éminent prédécesseur, M. De Vos, qui a bien voulu accepter notre invitation à venir assister aujourd’hui au couronnement de ses efforts, et auquel j’adresse l’expression de notre sincère gratitude.
Notre vibrant hommage s’adresse également au personnel de tous rangs du Matériel et des remises, dont le travail opiniâtre en vue d’accélérer la délicate reconversion de la traction permet maintenant à notre chemin de fer de se tourner résolument vers ses tâches d’avenir.
Pour terminer, j’exprime mes vifs remerciements à tous ceux qui ont tenu à s’associer à l’événement d’aujourd’hui : tout d’abord à vous, monsieur le Ministre et messieurs les membres des Commissions parlementaires des Communications, pour l’aide que le Gouvernement nous a apportée dans la modernisation de notre parc de moteurs ; à vous, messieurs les Bourgmestres, pour votre appui et votre encouragement ; à messieurs les délégués de la presse, de la radio et de la télévision, pour la diffusion de nos manifestations ; et, enfin, à la jeunesse scolaire et à ses dirigeants, dont la sympathique présence ici est un gage vivant de l’éternelle vigueur du vieux chemin de fer.
Source : Le Rail, février 1967
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