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Neuvième période, 1914-1919 – Première guerre mondiale et locomotives « Armistice »
Phil Dambly.
mercredi 15 septembre 2010, par
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Pendant la période d’occupation du territoire belge par les troupes allemandes, une Direction générale militaire des chemins de fer établie à Bruxelles s’était substituée à l’Administration des chemins de fer de l’État. Cet organisme, la « Militär Eisenbahn Direktion Brüssel », fit restaurer le réseau pour les besoins du trafic stratégique.
Au cours de la retraite d’août 1914, deux mille locomotives environ avaient pu être évacuées en France, soit près de la moitié de l’effectif total (4.500 machines). La majeure partie de ce matériel se trouvait dans la région de Rouen, près d’Oissel. D’autres dépôts de locomotives belges étaient disséminés entre Paris et Bordeaux et dans le Midi. Vers 1915, les machines légères, types 25, 28, 29 et 32, furent remises en service dans ces régions, tandis que les types 10 et 36 rouillaient sur place dans les dépôts. En effet, les voies françaises de l’époque n’admettaient pas les charges par essieu élevées de ces puissantes machines.
La plupart des types 10 avaient été évacués ainsi que 113 types 36. Soixante exemplaires de ce dernier type furent vendus au Gouvernement russe en 1915 pour être employés sur les lignes à voie normale de Galicie et de Pologne orientale. Une partie du lot fut perdue en mer du fait des sous-marins allemands. Les machines arrivées à destination, adaptées ultérieurement à l’écartement russe de 1,524 m, furent mises en service sur le chemin de fer de Iekaterina (Ekatérimbourg, actuellement Sverdlovsk). En Russie, elles étaient désignées classe « F » (pour Flamme) et portaient encore leurs numéros d’origine vers 1925. Elles étaient encore utilisées en 1962.
En Belgique occupée, le matériel allemand employé par l’ennemi comportait, outre une grande majorité de machines prussiennes, des locomotives bavaroises, badoises et saxonnes. Par ailleurs, les Allemands amenèrent sur le réseau belge de nombreuses locomotives autrichiennes, polonaises et roumaines et même quelques machines italiennes.
Les locomotives belges tombées entre leurs mains furent remises en service et laissées dans un état lamentable en 1918 : entretien réduit à sa plus simple expression, enlèvement des garnitures en cuivre et en laiton, etc. Quelques 2-8-0 et 4-6-2 de types français, construites pour le P.L.M. par Henschel en 1914, étaient utilisées en Belgique par l’occupant, qui avait encore réquisitionné des locomotives construites à Tubize pour le Pékin-Hankow.
Il y avait de la sorte un invraisemblable mélange de machines sur lesquelles la numérotation allemande était peinte à la céruse en grands caractères. La lettre initiale du dépôt d’attache était visible sur l’avant de la cheminée : Br pour Bruxelles, Mo pour Mons, etc. La numérotation allemande attribuée aux locomotives de l’Etat était la suivante :
- Locomotives-tender : T 01 (type 5) ; T 02 (type 15) ; T 03 (type 15 S) ; T 04 (types 11 et 51) ; T 05 (types 3 et 4) ; T 06 (types 20 et 23) ; T 07 (n° 340 et 712) ;
- Locomotives à marchandises : G 01 (types 28 et 29) ; G 02 (type 25) ; G 03 (types 30 et 32) ; G 04 (type 32 S) ; G 05 (type 31) ; G 07 (type 36) ;
- Locomotives à voyageurs : P 01 (type 2 bis) ; P 02 (type 2) ; P 03 (types 6 et 16) ; P04 (type 35) ; P 05 (type 35 S) ;
- Locomotives d’express : S 01 (types 1 et 7) ; S 02 (type 12) ; S 03 (types 17, 18 et 18 bis) ; S 04 (type 18 S) ; S 05 (type 8) ; S 06 (types 19 et 19 bis) ; S 07 (type 9) ; S 08 (type 10).
Les opérations militaires provoquèrent la dispersion d’un grand nombre de locomotives belges en Allemagne, en Pologne, en Roumanie et en Russie. Après l’Armistice, on a retrouvé un type 12 en Mésopotamie (Irak) et des types 25 en Égypte !
Les fatigues imposées aux locomotives par les exigences de la guerre avaient conduit à une usure telle du matériel qu’à la fin des hostilités, la situation était devenue plus que critique.
Source : Le Rail, n° 131, juillet 1967
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