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Allemagne (R.F.) : Qui donc use les routes ?
jeudi 16 janvier 2025, par
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Pour informer l’opinion, la DB a édité un dépliant révélateur.
La congestion des routes et des autoroutes, le point critique – et dangereux – atteint par la densité de la circulation, les 7 milliards de D.M. par an que coûtent à l’économie générale les accidents de la route, n’y peut-on vraiment rien ? La collectivité veut que soit mis un terme au chaos de la circulation routière, pour que l’on puisse rouler normalement, sans gêne et sans entraves.
Au fond du problème, il y a que la capacité des routes connaît des limites. Les poids lourds gênent les autres véhicules.
Un camion parcourt 108.000 km par an ; une voiture, 18.000 km seulement. Un camion occupe quatre fois plus de place qu’une auto. Et si l’on considère qu’il est 1,5 fois plus lent, autrement dit que sa vitesse moyenne est inférieure d’un tiers à celle d’une voiture, on peut poser : 1 camion = 36 automobiles !
Mais le kilométrage parcouru n’est pas tout. Avec ses essieux de 10 t, le camion exerce sur les routes un effet dévastateur des milliers de fois supérieur à l’usure occasionnée par une automobile (avec ses essieux de 500 kg). Ce sont surtout les trains routiers qui abîment les routes et les autoroutes.
Or, le camion est beaucoup moins taxé que la voiture. Les automobilistes payent pour les transporteurs routiers de marchandises. Ce sont ceux qui usent le plus les routes qui payent le moins pour l’entretien et la construction de celles-ci.
La circulation automobile s’accroît constamment, à un rythme nettement supérieur à celui des constructions routières. Comment échapper à l’asphyxie qui nous menace ? L’économie moderne a besoin d’un moyen de transport puissant, indépendant de la route. Ce moyen de transport existe : c’est le chemin de fer ! Il possède des réserves de capacité suffisantes pour lui permettre de soulager les routes. Le rail, voilà l’issue !
Un train de marchandises peut dès à présent avoir une charge utile de l’ordre de 1.200 t. Pour transporter la même quantité de marchandises, il faut lancer sur les routes 60 trains routiers de 32 t (20 t de charge utile). Un simple train de marchandises libère donc la route de la présence de 60 trains routiers !
La DB est pour une concurrence loyale. Mais, pour que la concurrence soit loyale, il faut que les poids lourds participent davantage au financement des dépenses routières. Le programme gouvernemental de politique des transports – le plan Leber – se propose de promouvoir une telle concurrence. La DB est d’accord sur ce programme, car il fait passer l’intérêt général avant les intérêts particuliers.
Source : Le Rail, juillet 1969
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