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Le confort du voyageur

samedi 22 février 2025, par Rixke

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Vous savez que l’U.I.C., soucieuse du confort des voyageurs, a chargé un groupe de travail d’étudier la question. D’une note intitulée « L’ambiance de confort », établie par M. John Nunneley, des B.R. et président du groupe ad hoc, nous recopions ces deux extraits, qui ne manquent pas d’humour.}

Que chaque voyageur puisse décider s’il va ou s’il ne va pas entrer en relation avec les autres...

On a souvent dit qu’il est nécessaire d’« humaniser » les transports ferroviaires. Peu de personnes chercheraient à le contester. Les chemins de fer sont une industrie qui a pensé essentiellement à l’homme, bien qu’ils transportent des millions de femmes et qu’ils dépendent d’elles pour une large part de leurs recettes. Au contraire, les compagnies aériennes ont universellement « humanisé » les voyages aériens avec succès, non seulement en employant des femmes comme hôtesses de l’air, mais encore comme hôtesses d’accueil au sol, d’une façon qui plaît aux voyageurs sans éveiller l’hostilité des voyageuses.

Si l’on se place purement du point de vue du confort, l’intérieur des avions a de l’attrait pour les femmes, mais n’est pas cependant « féminisé » au point de créer une réaction hostile de la part de la grande majorité des voyageurs aériens, qui sont des hommes. En règle générale, on pourrait déclarer que ce qui est destiné à séduire les femmes ne rebute généralement pas les hommes, tandis que ce qui est destiné à plaire aux hommes rebute souvent effectivement les femmes.

Les voyages ferroviaires tendent à rendre les voyageurs passifs et dépendants d’autrui. La plupart des voyageurs se sentent ambivalents au sujet de leur dépendance ; ils désirent que l’on s’occupe d’eux, mais ils veulent aussi être indépendants et se suffire à eux-mêmes. Ce thème se trouve confirmé par leur désir que le véhicule ferroviaire ait des caractéristiques de construction qui augmentent leur sentiment d’intimité, des dispositifs que chaque voyageur peut faire fonctionner lui-même – tels que des éclairages individuels, des cendriers individuels, des tablettes individuelles, des accoudoirs mobiles. Les voyageurs veulent avoir des sièges inclinables, des appuis-tête réglables, des commutateurs d’éclairage qu’ils peuvent atteindre sans se lever. Lorsque ces dispositifs existent, les voyageurs approuvent leur existence.

L’« intimité » ne doit pas être définie trop étroitement. Le voyageur typique ne veut pas particulièrement l’intimité comprise dans le sens d’un isolement complet. Il veut avoir l’impression qu’il « possède » son siège et l’espace proche environnant, de telle sorte que personne ne puisse faire intrusion sur son territoire. Si une intimité comprise dans ce sens lui est offerte, les relations entre les voyageurs deviennent plus faciles parce que chaque voyageur peut décider s’il va ou s’il ne va pas entrer en relation avec les autres...


Source : Le Rail, novembre 1969