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Propos ferroviaires

Louis Armand.

mardi 13 mai 2025, par Rixke

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Le « propos » convient à Louis Armand qui l’a déjà utilisé pour un autre livre (Simples propos. 1968) : il donne à sa pensée un accent primesautier. Plus qu’un écrivain, l’auteur n’est-il pas un plaisant conférencier ? On le retrouve tel dans ses écrits, d’une communicabilité immédiate et optimiste.

Les hommes, il les a rencontrés dans le monde du rail, où il a occupé une position dirigeante, en partie dans un temps, celui de la guerre, où s’affirment les caractères. Cela l’a conduit à s’interroger sur la socialisation avant d’aborder la planétarisation. Celle-ci et celle-là trouvent un solide fondement dans le chemin de fer, car « le rôle joué par les transports dans la planétisation et la socialisation est considérable en soi et (...) soutient avantageusement la comparaison avec celui de la diffusion de l’information. Les accélérations et la commodité du déplacement des personnes ont multiplié les contacts où la présence humaine est, de part et d’autre, intégrale : les voyages procurent ainsi aisément ce que ne peuvent offrir les télécommunications les plus modernes, qui sont encore inaptes à capter ou à reproduire tous les aspects de cette présence et ne permettent pas un véritable dialogue ».

Louis Armand a reconnu le pouvoir des hommes. Il exalte l’esprit de corps des cheminots. Il se sent proche d’eux, il est encore l’un d’eux. S’il vient d’accéder à de nouvelles fonctions au service d’une grande industrie, il reste au service du rail en tant que secrétaire général de l’U.I.C. et ses souvenirs nous replongent dans un passé récent : électrifications importantes, difficultés nées dans la guerre, faits de résistance mais aussi réconciliation ultérieure. « Quand on a le même métier, les mêmes soucis, on se comprend beaucoup mieux à travers les frontières ». Finalement, c’est l’Européen qui parle, celui qui fréquente les hommes dans tous les pays et sur tous les continents, sinon dans tous les milieux.


Editions Fayard, Paris.

Source : Le Rail, juillet 1970