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A travers la Belgique en train

samedi 7 mars 2026, par Rixke

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On ne le répétera jamais assez : les arbres se font de plus en plus rares. En Flandre comme ailleurs. Rien d’étonnant à cela : l’habitat empiète de plus en plus sur la campagne ; on n’en finit pas de tracer de nouvelles routes.

Qui veut se promener en toute liberté et en toute quiétude, n’a d’autres ressources que d’opter pour les Ardennes ou pour la Campine.

Et pourquoi pas pour BOKRIJK ?

Nous entendons la réplique : « J’y suis déjà allé. »

Bon. Mais quand ? Depuis votre dernière visite, des tas de choses ont pu changer.

De toute façon, pour qui n’a pas encore vu Bokrijk, c’est le moment de mobiliser une journée pour visiter cet Eden. Le mois d’août y propose une avenante fraîcheur. Et demain, le soleil d’automne y jouera de tous ses feux.

L’endroit est facilement accessible au train. Le Domaine dispose de sa propre gare, située sur la ligne 21, Landen - Hasselt - Eisden Mines. Jusqu’au 3 septembre, les trains y font arrêt tous les jours.

Le Domaine provincial de Bokrijk est une réserve naturelle unique en son genre, d’une superficie de 514 hectares. Les étangs, en particulier, couvrent 30 ha, dont 8 sont réservés à la pisciculture.

On y trouve également un parc public invitant à la promenade, un enclos réservé aux cerfs et aux biches, une roseraie, des terrains de sports et de jeux, un musée de sciences naturelles, un arboretum et un musée de plein air.

Du XIIIe siècle jusqu’à la Révolution française, le Domaine a appartenu à l’abbaye de HERKENRODE. Depuis 1938, il est devenu propriété de la Province du Limbourg.

Une des plus belles attractions de Bokrijk est sans conteste le musée de plein air qui date de 1954 et occupe une superficie de 30 ha. Il est actuellement subdivisé en cinq parties illustrant la Campine (la part du lion), la Hesbaye et le Moyen-Limbourg, la Flandre occidentale, les polders anversois et la ville. On y trouve ainsi un prototype de village campinois avec sa place, son arbre de la Justice, son poteau d’infamie, ses moulins à vent et à eau ; une vieille auberge de Lierre, la petite église d’EPERKOM, la maisonnette du sabotier de KORTESSEM datant de 1667, une ferme de 1507 du VEURNSE HOUT-LAND (région de Furnes), une grange d’OORDEREN... Ce musée de plein air est ouvert de Pâques à la Toussaint.

Rares sont ceux qui savent que le Domaine provincial de Bokrijk possède un arboretum exemplaire. Déjà en 1938, alors que la Province venait à peine d’acquérir le Domaine, le projet de l’arboretum avait été élaboré. Une superficie de 12 ha fut nivelée et aménagée à cet effet ; avec les moyens du bord et de l’époque, il faut entendre par là : la bêche et la cognée. En même temps, on se mit à assécher les endroits marécageux, à extraire les souches et à retourner la terre, parfois jusqu’à un mètre de profondeur. Après quoi, on put procéder systématiquement à la plantation, en groupant les arbres par familles et en les munissant de leur « carte d’identité » qui permet au visiteur de s’y retrouver dans l’univers passionnant de la botanique.

Il ne faudrait surtout pas mésestimer l’arboretum de Bokrijk qui abrite la plus grande collection de spécimens de la famille des ligneux indigènes.

On y fait régulièrement des expériences concernant les méthodes de culture, les calculs de croissance des bois, les causes de maladies analysées à partir des symptômes et l’application d’engrais. Pour pas mal d’établissements d’instruction, l’arboretum constitue une sorte de classe où la leçon peut se donner de la façon la plus vivante. Les visiteurs les plus réguliers se recrutent parmi les élèves des écoles moyennes et d’horticulture de Saint-Trond, Bocholt, Lummen et Louvain. Et il n’est pas rare d’y rencontrer quelque dirigeant de jardin botanique – belge ou étranger – se livrant en catimini à des observations scientifiques. Sa renommée a largement franchi nos frontières. Pour s’en convaincre il suffira de souligner que les dirigeants de l’arboretum de Bokrijk entretiennent des contacts avec ceux de l’arboretum de Kinshasa, capitale du Zaïre.

Fin 1971, on a dressé l’inventaire de tout ce qui pousse et fleurit dans l’arboretum de Bokrijk. Le recensement a donné les résultats suivants : 2 370 variétés, 71 familles. Des espèces inférieures ou herbacées, appartenant à 42 autres groupes ou familles, complètent le patrimoine. En outre – et c’est une particularité que beaucoup ignorent probablement – on peut y admirer des plantes subtropicales.

Des promenades ont été aménagées au cœur même de l’arboretum, ce qui le rend particulièrement accessible en tout point.

Qui se rend à Bokrijk ne manquera pas de visiter cette oasis de calme et de silence qui possède à la fois des vertus scientifiques, éducatives et récréatives.

Par beau temps, une excursion à Bokrijk imprime dans la mémoire le souvenir d’une journée inoubliable et pleine de détente.

Pour les passionnés de beautés naturelles, pour les amateurs de tranquillité, de grand air, de vastes espaces, mais aussi pour ceux qui sont curieux de culture, Bokrijk constitue un endroit privilégié.


Source : Le Rail, août 1972