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A travers la Belgique en train

lundi 9 mars 2026, par Rixke

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Beaucoup de nos compatriotes s’imaginent que, lorsqu’ils ont visité Bruxelles, ils en ont terminé avec la province du Brabant. Grossière erreur !

Connaissez-vous le Pajottenland et le Brabant wallon ?

A ceux qui aiment encore excursionner au mois de septembre – entre nous, c’est souvent le mois le plus ensoleillé – nous allons proposer aujourd’hui une randonnée dans le Brabant wallon : à Nivelles, Rixensart et Villers-la-Ville.

Nivelles, petite ville située sur la Thines – un modeste affluent de la Dyle – est très aisément accessible par le train. Ce berceau de la dynastie carolingienne se trouve en effet sur la ligne 124 ; une ligne très fréquentée puisqu’elle relie Bruxelles a Charleroi.

La collégiale de Nivelles (photo CGT-Buyle)

Il est sans doute inutile d’insister sur l’importance que revêt Nivelles en ce qui concerne les chemins de fer belges. Tout cheminot qui se respecte (et ils se respectent tous) sait que Nivelles est un centre de construction de matériel ferroviaire. Les ateliers de « La Brugeoise et Nivelles » jouissent d’une réputation internationale.

Mais nous n’allons pas nécessairement à Nivelles pour visiter les ateliers de construction...

Le but de notre excursion est de découvrir ou de retrouver une petite cité sympathique dont le centre a été rasé lors des bombardements du 14 mai 1940.

Heureusement, maintenant toutes les traces de ces tragiques événements ont été effacées. La place du Marché, avec sa collégiale Ste-Gertrude, qui est un authentique chef-d’œuvre, a été reconstruite avec beaucoup de bonheur.

La collégiale en question, qui a été consacrée solennellement en 1046 par l’évêque Wazo de Liège en présence de l’empereur d’Allemagne Henri III, compte parmi les rares bâtiments ecclésiastiques de style roman de notre pays, la cathédrale de Tournai et la collégiale St-Vincent, de Soignies, étant les deux seuls autres. En 1940, la collégiale Ste-Gertrude fut endommagée de façon catastrophique. Sa restauration est heureusement achevée ; il ne reste plus que l’aile occidentale à restaurer et que la tour centrale à couronner.

Cette tour est flanquée de deux tourelles rondes dont celle du sud abrite Jean de Nivelles, le célèbre Jacquemart en cuivre du XVe siècle.

Par contre, l’intérieur a recouvré pratiquement sa physionomie d’origine. Il est intéressant de noter que, lors de la restauration, on a découvert sous le pavement des vestiges importants d’églises mérovingienne et carolingienne.

A gauche de l’église, il y a un merveilleux cloître qui a traversé la guerre sans subir pratiquement de dommages. Hélas, seule la galerie septentrionale a gardé son aspect d’origine. Elle date du début du Xllle siècle et appartient déjà au style qui fait transition vers le gothique : les lignes générales sont encore romanes mais, dans la décoration des chapiteaux, le gothique pointe déjà. Les trois autres galeries ont été gâchées en 1846. Le palais de l’Abbesse, qui tenait lieu d’hôtel de ville, a été détruit en 1940. A sa place, a été érigé un nouvel hôtel de ville qui s’harmonise parfaitement avec le cadre ambiant de la place du Marché de Nivelles, où tout est conçu pour mettre en relief l’aspect monumental de la collégiale Ste-Gertrude.

Lorsqu’on se trouve à Nivelles, il ne faut surtout pas oublier de visiter le parc de la Dodaine. Ce parc de plaisance, aménagé en 1918, est un beau spécimen d’architecture française, avec des étangs, des cascades, de jolies drèves et des monuments. De ce jardin, la vue sur la collégiale est magnifique. Le musée archéologique, entretenu avec goût, mente aussi le détour.

Rixensart offre également une possibilité d’excursion dans le Brabant wallon. Au départ de Bruxelles, on atteint facilement par train cette pittoresque commune boisée des bords de la Lasne.

Située sur la ligne 161, à 25 km de Bruxelles et à 5 km d’Ottignies, elle est réputée pour son château qui a été construit entre 1631 et 1662 Quelques années après son achèvement, il fut brûlé par les Français. Si I’on se fie aux historiens, cela s’est produit en 1678. Il a fallu attendre en tout cas 1730 pour qu’il soit complètement remis en état. C’est d’ailleurs de cette époque que date l’aspect actuel de sa cour intérieure, de style baroque.

Nous n’allons pas nous amuser à vous décrire complètement le château. Il faut pourtant que vous sachiez que les princes de Mérode en sont devenus les propriétaires vers 1750. Leur devise « Plus d’honneur que d’honneurs » peut se lire à plusieurs endroits de l’édifice.

Le château de Rixensart (photo CGT - L. Philippe).

Le château de Rixensart mérite sans conteste la mobilisation d’une journée entière. Non seulement parce que sa construction est imposante et majestueuse, mais aussi parce que son parc et ses étangs sont splendides. L’aménagement de ce parc date de la moitié du XVIIe siècle. Il serait l’œuvre du fameux dessinateur français de jardins Le Nôtre.

Pour terminer notre randonnée, nous vous emmenons à Villers-la-Ville, que vous pouvez atteindre par la ligne 140. C’est un des sites les plus extraordinaires et les plus déroutants du Brabant. Qui ne connaît les ruines grandioses de sa célèbre abbaye cistercienne fondée en 1146 par saint Bernard, abbé de Clairvaux ? Les ruines sont remarquables à maints égards et forment un ensemble unique en Belgique.

Les ruines de l’Abbaye de Villers-la-Ville (photo CGT Sergijsels)

Bien sûr, nous avons dû limiter notre choix – et nous le regrettons – car le Brabant wallon possède encore bien d’autres richesses touristiques.


Source : Le Rail, septembre 1972