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Engins de levage et de manutention

R. Prevost.

mercredi 27 juillet 2011, par rixke

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 Grues circulant sur voie ferrée normale.

Les grues circulant sur voie ferrée (fig. 6) sont utilisées dans les parcs et les cours d’usines pour le travail de chargement et de déchargement au crochet, à la benne ou à l’électro-aimant. Quand la flèche est abaissée et orientée dans le sens de la marche, la grue doit s’inscrire dans le gabarit du matériel roulant. Par ailleurs, elle doit présenter une stabilité suffisante dans toutes les positions de travail. La commande à vapeur, qui présentait des inconvénients majeurs, a fait place au moteur diesel. Trente et une grues ont ainsi été transformées dans les ateliers de Salzinnes.

Fig. 6. Grue diesel. Force : 5 t.

Les grues de relevage, au nombre de six, sont utilisées pour la remise sur rails du matériel déraillé. La grue de 40 tonnes de Ronet (fig. 7), dont la modernisation est en cours, sera équipée d’une commande diesel électrique ; sa force de levage sera portée à 55 t. Cette grue sera dotée de perfectionnements techniques modernes tels que : amplificateurs magnétiques, couplage Ward Léonard ; sa vitesse de circulation en convoi atteindra 90 km à l’heure.

Fig. 7. Grue de relevage. Force : 40 t.

 Vérins.

Les vérins dits Kutruff servent à soulever le matériel roulant lors des révisions et des réparations (fig. 8). Ces vérins, généralement employés par groupes de quatre, sont équipés actuellement d’une commande individuelle sans couplage électrique, imposant une marche synchronisée. Ils sont constitués d’un cadre en charpente, d’un bras tenu par des galets et supportant le véhicule, d’une vis commandant le mouvement du chariot. Le contrôle de la commande électrique se fait à partir d’un poste prévu à cet effet. Le nombre de vérins Kutruff à la Société est de 136.

Fig. 8. Vérin Kutruff. Force : 25 t.

Pour la remise sur rails des locomotives et wagons déraillés, on se sert aussi de vérins hydrauliques. Les trains de secours en sont équipés. Une pompe alimentée en air comprimé fournit aux vérins de l’huile sous une pression de 300 kg/cm2. Ces vérins peuvent être montés sur rails mobiles permettant le déplacement latéral du véhicule déraillé [fig. 9).

Fig. 9. Vérins hydrauliques pour train de secours.

 Ponts-portiques.

Fig. 10. Pont-portique. Force : 12 t.

D’une façon générale, le pont-portique est une sorte de pont roulant monté sur palées (fig. 10). Les ponts-portiques circulent sur des chemins de roulement posés sur le sol, ce qui en diminue le prix d’installation mais entrave la circulation. Ces appareils peuvent être construits avec un ou deux avant-becs fixes ou mobiles. En exécution fixe, ils desservent les cours des gares pour le chargement et le déchargement des wagons. Placée à proximité d’un mur de bâtiment, la charpente peut être réalisée sous forme de semi-portique (fig. 11).

Fig. 11. Pont semi-portique. Force : 1 t.

Par portique de transbordement, on désigne des appareils de grandes dimensions pouvant atteindre des portées de plus ou moins cent mètres. Ces appareils doivent être pourvus d’une palée pendulaire. La translation est généralement réalisée par des commandes séparées sur chacun des bogies. Un dispositif de contrôle par cellule photoélectrique empêche la mise en biais de l’appareil. La Société possède plusieurs portiques de transbordement.

Au cours de l’année prochaine, et pour assurer la manutention des grands conteneurs maritimes, la S.N.C.B. disposera, au port d’Anvers, d’une grue-portique de 30 t X 33 m de portée. D’autre part, deux grands portiques de même force et de 70 m de portée seront mis en service, au début de 1968, par la Société belgo-anglaise des Ferry-Boats. Ces deux appareils, extrêmement modernes et pourvus d’un équipement unique en Europe, permettront de transborder des « transcontainers » à la cadence d’une unité toutes les deux minutes trente (fig. 12).

Fig. 12. Pont-portique de transbordement.

 Autres engins.

Fig. 13. Elévateur à fourche. Force : 5 t.

Pour compléter la liste des engins de levage, il convient de citer les chariots élévateurs (fig. 13), les ascenseurs, les culbuteurs de wagons et les grues automobiles, qui sont d’une application de plus en plus étendue (fig. 14), etc.

Fig. 14. Grue automobile. Force : 7,5 t.

Dans nos ateliers, la manutention du matériel roulant est aussi assurée par d’autres engins tels que transbordeurs (fig. 15), plaques tournantes et cabestans. La fig. 16 montre une plaque tournante d’une conception tout à fait nouvelle, fabriquée par l’A.C. Gentbrugge.

Fig. 15. Transbordeur
Fig. 16. Plaque tournante. Force : 35 t.

Source : Le Rail, novembre 1967.