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Sixième période – Les compagnies reprises de 1896 à 1912

Phil Dambly.

mardi 6 décembre 2011, par Rixke

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En 1867, Urban avait fait construire à l’atelier de Louvain deux étranges machines à tender moteur. Le mécanisme du tender et celui de la locomotive, à peu près semblables, étaient complètement intérieurs avec cylindres inclinés. Chaque groupe moteur comportait trois essieux accouplés à roues de 1,22 m. Le corps de la chaudière était entièrement occupé par les tubes à fumée. La chaudière était surmontée d’un réservoir collecteur de vapeur raccordé au tender et à la locomotive. L’échappement de la vapeur des cylindres du tender se faisait dans un caisson surmonté d’une cheminée et installé à l’arrière du véhicule. Ces locomotives étaient contemporaines des engins du même genre essayés sur les réseaux de l’Est français et du Great Northern en Angleterre. Partout, ces machines se révélèrent complètement déficientes et leur mécanisme des plus incommode.

Les deux locomotives à tender moteur, conçues par Urban en 1867, furent transformées en locomotives ordinaires, n° 148 et 149 (ci-dessous).



Au Grand Central, le mécanisme des tenders fut démonté et les machines furent modifiées en conséquence. Ces dernières portaient les n° 148 et 149 et ont été maintenues en service par l’Etat pendant un certain temps.

La machine n° 300 avait été livrée par Ch. Evrard en 1873. C’était une locomotive-tender articulée du système Meyer avec quatre cylindres médians et deux groupes moteurs de trois essieux chacun. Les roues avaient 1,22 m de diamètre. On remarquait les grandes dimensions de la cheminée, du dôme et de la boîte à feu Belpaire. Les soutes latérales occupaient presque toute la longueur de la chaudière. L’existence de cette locomotive de 72 t fut assez brève. Dès 1878, la n° 300 fut complètement démontée à l’atelier de Louvain et les deux châssis moteurs servirent à la construction de deux petites locomotives-tender de manœuvres, les n° 1 et 2. Celles-ci pesaient un peu plus de 40 t et assurèrent un excellent service. La machine n° 2 existait toujours en 1921.

La locomotive articulée du système Meyer, n° 300, figurait à l’Exposition Universelle de Vienne en 1873.

Construites par la Société de Couillet en 1893, les n° 3 et 4 ont été les dernières machines fournies au Grand Central. D’aspect très élégant, ces locomotives-tender étaient destinées aux services locaux de voyageurs. Elles étaient à trois essieux accouplés, cylindres extérieurs et foyer Belpaire. Elles pesaient 38,70 t en charge et les roues avaient 1,25 m de diamètre. La n° 4 était encore utilisée en 1921 comme locomotive de gare.

N° 3 et 4, dernières locomotives livrées au Grand Central.

Parmi les machines du Grand Central utilisées par l’Etat belge, seules subsistaient encore, fin 1924, les locomotives-tender n° 150, 153, 155 à 158, 163, 164, 166, 167, 169. 172, 200, 204, 209, 210, 215, 223, renumérotées, dans l’ordre, de 640 à 657, type 21.

Avant d’être racheté par l’Etat en 1896, le chemin de fer Liégeois-Limbourgeois était exploité par les chemins de fer de l’Etat néerlandais (Staatsspoorwegen) depuis 1866. Ces derniers firent l’acquisition, cette année-là, de douze locomotives du Liégeois-Limbourgeois, parmi lesquelles figuraient trois machines Vaessen construites par Saint-Léonard en 1865. Ces 4-6-0 reçurent les n° 92 à 94 et deux d’entre elles furent vendues à la Cie de Gand à Terneuzen en 1883.

Locomotive « Vaessen » du Liégeois-Limbourgeois, n° 92 à 94, munie de l’injecteur Giffard (1865).

Les locomotives utilisées par les Staatsspoorwegen sur le réseau du Liégeois-Limbourgeois étaient toutes de fabrication anglaise. Elles étaient dotées de foyers étroits et profonds et munies du frein Westinghouse. Les machines à voyageurs atteignaient 80 km/h.

Nous évoquerons en passant de jolies locomotives-tender à voyageurs de type 2-4-2, à roues de 1,69 m et à cylindres intérieurs, construites par Sharp Stewart en 1881 et numérotées de 267 à 274.

Locomotive de la série 267 à 274 des Staatsspoorwegen, utilisée au Liégeois-Limbourgeois.

Les machines à voyageurs de la série 301 à 475 des Staatsspoorwegen, des 2-4-0 à roues de 2,13 m et à cylindres intérieurs, avaient été construites de 1880 à 1895 par Beyer Peacock à Manchester. Elles étaient accompagnées de tenders de 13 m³ à trois essieux, de type anglais étroit.

La locomotive n° 326, exposée au Musée d’Utrecht, appartenait à la série 301 à 475 des Staatsspoorwegen. Sur le tender, on remarque le timbre d’alarme qui, au moyen d’un câble, permettait au chef de train et aux voyageurs de communiquer avec le mécanicien. Hauteur à la cheminée : 4,115 m.

Les locomotives à voyageurs n° 1 à 4 et n° 9 à 78 étaient des 2-4-0 à roues de 1,67 m, construites également par Beyer Peacock, de 1863 à 1872. Elles étaient plus légères et moins puissantes que les précédentes.

Locomotive n° 13, séries 1 à 4 et 9 à 78 des Staatsspoorwegen, à l’état original. Plus tard, ces machines furent dotées d’un abri et du frein Westinghouse (photo prise au Nederlands Spoorweg Museum, à Utrecht).

Pour le service des marchandises sur la ligne à fortes rampes de Tongres à Flémalle par Liers et Ans, les Staatsspoorwegen employaient neuf locomotives à trois essieux accouplés et cylindres extérieurs. Les roues avaient 1,15 m de diamètre. Ces machines appartenaient aux séries 92 à 94 de 1880 et 206 à 211 de 1871, construites par Beyer Peacock.

Toutes les locomotives précitées furent conservées par les Staatsspoorwegen et l’Etat belge exploita le réseau avec son propre matériel.


Source : Le Rail, février 1967

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