Le lundi 27 octobre 1879, un homme de 26 ans, qui, l’année précédente, avait obtenu son diplôme d’ingénieur à l’Université libre de Bruxelles, prend le train sur les bords de la Sambre ; il découvre les gares toutes neuves (Franières, Moustier, Fosses, Saint-Gérard) qui viennent d’être érigées sur le premier tracé des « rainures où l’on fait galoper des marmites » de Tamines à Mettet. « Un coup de sifflet. Nous revoici secoués au passage des aiguilles, sautillant sur les billes, renversés (…)
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Poésie - Lecture - Peinture
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Un écrivain cheminot oublié : James Vandrunen
20 septembre, par Rixke -
Mort d’un garde-salle
14 juin, par RixkeCent fois déjà elle a fait le tour du pâté de maisons face à la gare. Cent fois ? Toujours, on exagère...
Quinze fois tout au plus, mais sous la pluie, avec pour toute protection une courte veste de faux daim et un foulard de plastique. Le soleil est venu. Puis la pluie, à nouveau, comme une charretée de sable. Veut-on, en définitive, qu’elle s’en aille ?
Fête de la luisance pour les toits d’ardoises peintes, pour le haut des murs et des fenêtres. Sur le tronc d’un arbre d’acier, (…) -
Vieil homme des machines
27 mai, par RixkeVIEIL-HOMME-DES-MACHINES... Je le revois au beau milieu de la salle d’attente, caressant d’une longue main son visage, lissant ses sourcils, regardant sans les voir vraiment deux trains qui se croisaient au-delà des fenêtres. Son béret trop étroit était comme un champignon sur sa tête ; son écharpe dénouée et son trop vaste manteau s’ouvraient tous deux sur un tricot de laine abondamment reprisé, sur une chemise sans col, sur une poitrine creuse, sur un cou à peau flasque et jaunâtre. Son (…)
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Si on allait voir passer les trains ?
11 mai, par RixkeIls ont mis la table dans le jardin, entre le cerisier et les lilas, à deux pas seulement de la fenêtre entrouverte de la cuisine. Ils ont sorti de la salle à manger quatre chaises paillées, deux fauteuils d’osier et encore la cage aux bengalis qu’ils sont allés déposer au beau milieu du parterre, à la barbe du chat.
Ils attendent maintenant, les bras croisés sur la table et les yeux mi-clos. Une guêpe de la plus belle espèce rôde parmi les tasses et les assiettes, se pose quelquefois. (…) -
Quand les rails luisaient de peur (IX)
7 février, par RixkeMai : la radio de Londres assure, à ses auditeurs, que le temps est proche... Les bombardements se poursuivent, intensifs. Chaque nuit, chaque jour, les avions vrombissent dans le ciel. L’attente est à la fois fiévreuse et inquiète. Nul ne sait au juste ce qui va se passer. On espère, tout en craignant le pire ! Les signaux émis par la B.B.C. ne manquent pas d’intriguer. Que signifient donc toutes ces phrases lapidaires : « Le canari ne chantera pas ce soir », « Les poires sont mûres », « (…)
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Quand les rails luisaient de peur (VIII)
31 janvier, par RixkeLa guerre terminée, on dressera le bilan des innombrables sabotages réalisés par les cheminots et leurs frères anonymes de la Résistance. On ne parlera, bien entendu, que des sabotages majeurs. Pourrait-on recenser avec exactitude toutes les actions mineures, tous les petits coups d’épingle ou toutes les petites avaries sciemment provoquées ? On établira la liste des ouvrages d’art détruits ou endommagés par acte de sabotage. Un rapport, donné par l’Administration des Chemins de fer, dira (…)
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Quand les rails luisaient de peur (VII)
23 janvier, par RixkeTout s’est bien passé. Nous savons tout ce que nous devons savoir. Le dépôt est bien protégé contre les attaques aériennes. Mais il a apparemment un point faible au moins : son accès. A deux kilomètres en aval, les voies, groupées au-delà du grill du triage, se réduisent à quatre. Après s’être glissées dans une tranchée, ces quatre voies franchissent une petite rivière sur un pont à appuis de pierre et superstructure métallique. En détruisant ce pont, on pourrait paralyser le dépôt pendant (…)
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Quand les rails luisaient de peur (VI)
14 janvier, par RixkeDehors, c’est la nuit. Une nuit à couper au couteau, dense, épaisse, hostile ! Pas une lumière ! L’occultation la plus absolue ! D’un soupirail monte une odeur de soupe sûrie. Il fait assez frais. Où aller ? Je marche prudemment à côté de mon vélo. Ah, s’il se trouvait, dans les environs, un couvent semblable à celui où, certain jour, j’ai reçu l’hospitalité ! Il me faut un refuge, une cachette, car, sinon, je risque de me faire arrêter, coffrer, envoyer Dieu sait où malgré mon air « comme (…)
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Quand les rails luisaient de peur (V)
5 janvier, par RixkeLes trains roulent. Beaucoup d’entre eux, il est vrai, sont conduits par des Allemands. Les trains roulent à travers toute l’Europe hitlérienne, de la pointe de l’Italie aux rives de la Vistule, des ports de la Baltique à ceux de l’Atlantique et de la Méditerranée à la mer Noire. L’Allemagne règne sur un immense réseau, ramifié comme une toile d’araignée. Je me demande si mon sabotage a entamé celle-ci. Oui, parce que chaque fil de cette toile a son importance puisqu’il soutient les autres, (…)
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Quand les rails luisaient de peur (IV)
22 décembre 2024, par RixkeNormalement, selon les déductions résultant de mes nombreuses et longues heures de patiente observation, un train doit passer, ici, entre 13 heures 15 et 13 heures 30. Il est généralement composé d’une trentaine de wagons plats et fermés chargés de matériel divers, de ravitaillement et de fourrage. Une belle proie en perspective, surtout si, comme je l’espère, le fourrage n’est pas absent !
J’attends. Il fait calme et le soleil est au zénith. Une brise légère fait osciller les hautes (…)
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