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A propos de sifflets

Phil Dambly.

mercredi 20 mars 2013, par rixke

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Le sifflet est à la fois un signal avertisseur et un moyen de communication entre le machiniste d’une part et le personnel du train ou celui de la voie d’autre part. C’est une cloche en bronze ou en laiton qui vibre, ainsi que l’air qu’elle contient, quand un jet de vapeur en frappe les bords.

Les premières locomotives ne possédaient pas de sifflet et les mécaniciens étaient munis de cornes d’appel. En 1833, la machine « Samson » du Leicester & Swannington Railway entra en collision avec une voiture à cheval transportant 6.000 œufs, avec les conséquences que l’on devine... Aussi, la même année, cette locomotive reçut-elle le premier sifflet sur la demande adressée à G. Stephenson par le directeur du L. & S.R. Mr Bagster. C’était une trompe en cuivre montée sur le dôme de vapeur, œuvre d’un fabricant d’instruments de musique. On suppose que le sifflet à timbre, émettant un son plus régulier et portant à plus grande distance, fut introduit par Fyfe, en 1835, sur le Liverpool et Manchester Rly. Son usage fut étendu en Angleterre en 1836 et, en France, en 1857, sur le chemin de fer de Paris à Saint-Germain.

En 1866, le Grand Central Belge adopta le sifflet Urban à son très grave. Un modèle similaire fut utilisé en Angleterre sur le Midland Rly.

En 1870, le Paris-Orléans introduisit le sifflet à son strident, qui se généralisa en France et au Nord Belge.

En Ecosse, vers 1880, le Caledonian Rly créa le sifflet « tuyau d’orgues » : un long tube monté sur un robinet à vapeur et percé de deux ouvertures. Ce modèle émettait un son grave et harmonieux, qui ne heurtait pas l’oreille. Il fut introduit en Belgique en 1897 par les locomotives type 17 importées de Grande-Bretagne. Un modèle réduit, à son plus aigu, fut appliqué aux locomotives des Chemins de fer vicinaux.

Aux Etats-Unis, les sifflets, qui doivent porter à des distances considérables, sont plus importants. Pour la traversée des gares, on emploie une cloche. Vers 1890 apparut le sifflet Crosby à trois tonalités. Il fut suivi par le Nathan, pouvant émettre de cinq à huit sons différents ! Ce dernier était surnommé « sobbing whistle » (sifflet pleureur) à cause de ses sons plaintifs (des orchestres les évoquent parfois).

En 1937, le Florida East Coast Rrd organisa un curieux concours : pendant une période déterminée, plusieurs modèles de sifflets furent expérimentés et on pria les habitants de donner leur préférence.

Le Nathan à cinq sons était bien connu en Belgique : il équipait les types 38, importés des Etats-Unis en 1919, avant d’être remplacé par un sifflet plus aigu vers 1940. Un Nathan plus petit, à quatre sons rauques, équipe le type 29, lui aussi made in U.S.A.

L’Etat belge utilisait un sifflet dérivé du modèle français, mais plus grave. Cependant, les types 1, 5, 7, 10, 12, 36, etc., étaient dotés de Crosby à trois sons.

Le sifflet de l’Etat prussien émettait un son grave et musical. Vous souvenez-vous des locomotives « Armistice », types 64, 81, etc. ?

Quelques modèles de sifflets (sans accessoires, proportions approximatives)

Nord Français, 1848
Paris-Orléans, 1870. Ensuite, Etat Belge, Nord Belge, S.N.C.B., S.N.C.F.
Caledonian Rlys, 1880 - Etat Belge (types 8, 15, 17, 18, 30, 32, 53)
Deutsche Bundesbahn
Grand Central belge 1866. Sifflet Urban
Etat belge, 1870-1900
Etat prussien (locos « armistice » Etat belge)
Etats-Unis, 1850-1900
Etats-Unis (Pennsylvania Rrd), Sifflet à 4 sons (voyageurs)
Etats-Unis, Sifflet Crosby (grand modèle). Modèle moyen sur locos S.N.C.B., types 1, 10, 12, 36, etc.
Etats-Unis, Sifflet Nathan (grand modèle à 8 sons)

Source : Le Rail, mars 1966