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Huitième période, 1904-1914. - Régime Flamme

Phil Dambly.

mercredi 22 juin 2011, par rixke

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La période la plus faste de l’évolution de la locomotive à vapeur en Belgique va débuter en 1904. Elle s’étendra sur dix années, dont le bilan sera plus que bénéfique pour le parc des machines de l’Etat.

Assez puissantes, simples et robustes, les locomotives-tender type 23, à quatre essieux accouplés, étaient inspirées par les machines similaires des séries 150 à 177 et 200 à 223 du Grand Central. Elles pesaient 67,34 t en charge et avaient des roues de 1,26 m. La puissance développée s’élevait à 700 ch et la vitesse maximale était de 45 km/h. Environ 400 machines du type 23 ont été construites de 1904 à 1926 pour le service des manœuvres. Leur silhouette particulière leur avait valu le sobriquet de « cuisinières ». Elles ont été appelées le type 53 en 1931.

Le type 23 fut appelé type 53 en 1931. Locomotive n° 53.085 du dépôt de Schaerbeek. Le dernier exemplaire de ces infatigables « coucous » a été retiré du service le 29 décembre 1966, à Monceau.

A l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1897 figurait une locomotive d’express 4-4-0 compound à quatre cylindres du système de Glehn-du Bousquet, la n° 1760 des chemins de fer du Midi. Après la clôture de l’Exposition, cette machine française fut essayée sur les lignes principales de l’Etat. Malgré ses qualités exceptionnelles, on lui préféra une machine plus simple et on adopta le type « Mac Intosh ».

Bruxelles 1897 : la locomotive n° 1760 de la Cie du Midi (Schneider au Creusot).

Cependant, à la suite du succès grandissant des locomotives compound en France, l’Etat décida d’entreprendre de nouvelles expériences et, en 1903, emprunta une des célèbres 4-4-2 « Atlantic » du Nord, locomotives à grande vitesse les mieux réussies circulant alors en Europe. Cette machine, la n° 2660, fut expérimentée sur les lignes principales du réseau. Attelée aux trains express les plus lourds et les plus rapides, elle fit preuve d’une supériorité manifeste aux points de vue de la vitesse et de la consommation, même sur les rampes de la ligne du Luxembourg.

Locomotive « Atlantic » du Nord, série 2641 à 2675 (221 A S.N.C.F., région Nord), dont l’exemplaire n° 2660 fut essayé en Belgique en 1903 (S.A.C.M. Belfort, 1900).

En 1904, une troisième série d’essais fut entreprise avec une locomotive compound française destinée au chemin de fer de Pékin à Hankow (Pé-Han). Cette machine mixte, une 4-6-0 qui dérivait de la série 3.121 du Nord, fut essayée sur les lignes du Luxembourg, de Tournai et du Centre. A la suite de ces divers essais, l’Etat décida de faire construire des locomotives compound à quatre cylindres, système de Glehn-du Bousquet, dotées de foyers Belpaire. Il adopta les types des séries 3001-3014 et 4006-4084 du Paris-Orléans (221 A et 230 C S.N.C.F.), en y apportant quelques modifications : soupapes, tablier, bogies du système Flamme, etc. Les cheminées, abris et tenders de 20 m³ étaient du modèle normalisé de l’Etat belge.

Locomotive n° 201 du Pé-han, essayée en Belgique en 1904 (S.A.C.M.). Des machines de ce type ont été construites à Tubize pour le même réseau chinois.

Douze locomotives 4-4-2, dites type « Atlantic » d’après leur symbole, ont été construites de 1905 à 1908 et utilisées sur les lignes Bruxelles-Ostende et Bruxelles-Anvers. Elles ont composé le type 6 en 1926, l’ancien type 6 ayant été déclassé entre-temps.

Locomotive « Atlantic », série 3001 à 3014 du Paris-Orléans, devenue 221 A S.N.C.F., région Sud-Ouest (S.A.C.M., 1903).

De 1905 à 1907 également, on construisit 57 locomotives 4-6-0 de 1.350 ch qui atteignaient 100 km/h et pesaient 75 t en ordre de marche. Ce fut le type 8. Ces excellentes machines s’étant particulièrement bien comportées sur la ligne du Luxembourg, la plupart d’entre elles furent affectées aux dépôts de Jemelle et d’Arlon. Les types 8 de Jemelle desservaient aussi la ligne de Dinant, par Rochefort et Houyet.

A l’origine, les types « Atlantic » de l’Etat belge portaient les n° 3305 à 3312 et 3372 à 3375 (Cockerill, 1905, 1907 et 1908). Ils ont formé le type 6 en 1926. Locomotive n° 601 du dépôt de Berchem-Anvers (numérotation S.N.C.B. de 1931).

Les deux locomotives « cousines » types 6 et 8 avaient des roues accouplées de 1,98 m.

Au début, les locomotives « Ten Wheel » du type 8 portaient les n° 3313 à 3369. Les machines n° 3325 et 3334 ont figuré à l’Exposition universelle de Milan en 1906. Locomotive n° 819 du dépôt de Jemelle (Anglo-Franco-Belge).

En 1914, à la suite d’expériences concluantes effectuées en France par le P.L.M. et en Allemagne par les Chemins de fer prussiens, il fut décidé d’appliquer la surchauffe aux locomotives compound du type 8. La guerre qui survint alors fit reporter en 1921 la construction de ces nouvelles machines (type 8 bis).

Locomotive n° 3293, type 19 bis, série 3293 à 3300, à surchauffeur Cockerill.

L’étude de nouvelles locomotives à voyageurs très puissantes fut entreprise en 1904 par l’ingénieur en chef Flamme, en collaboration avec les usines La Meuse et Cockerill. Flamme, en effet, a été le premier à préconiser l’emploi de machines à quatre cylindres égaux munies d’un surchauffeur. D’après ses plans, deux locomotives 4-6-0 « Ten Wheel » à simple expansion furent construites par La Meuse en 1905 : la n° 3302 à vapeur saturée et la n° 3303 munie du surchauffeur Schmidt. La même année, deux autres 4-6-0, celles-ci du système compound, furent construites chez Cockerill : la n° 3301 à vapeur saturée et la n° 3304, munie d’un surchauffeur spécial Cockerill. Ces deux dernières machines étaient appelées le type 19.

Locomotive n° 3304, à surchauffeur Cockerill, appelée le type 19.

Source : Le Rail, juin 1967.